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Viens voir dans mes bulles

16 janvier 2011 503 vues 3 commentaires
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Crédit photo : Spry

Ce vendredi s’est tenue la première réunion des labs HADOPI. Oui, avant qu’on n’ait eu les papiers à signer, c’est pas commun pour un bidule qui sort de l’administration française. Nous n’avons pas parlé que de bulles et de limonades, même si le sujet est souvent revenu sur la table. Vous verrez que ce n’est pas innocent.

Étaient présents (j’espère n’oublier personne) : Eric Walter, le chargé de mission auprès du collège, le community manager, la directrice juridique, la directrice de comm, les chargés de labs et une partie des experts, 2.5 des 7 n’ayant pas pu se libérer. Je ne vous dirai toujours pas qui sont les 6 autres, libre à eux de se faire connaitre avant le lancement du 2 février prochain.

La réunion était à dominante féminine, ça tranche avec les habitudes de mon monde, et c’était plutôt pas mal, in fine, de tomber sur des gens extérieurs mais qui n’ont pas d’à priori sur les geeks. On m’a même demandé une formation accélérée.

La première chose qui me vient à l’esprit en sortant de là, c’est « putain, on est tous dans notre bulle, c’est terrifiant ». A tel point que j’en ai oublié pendant presque 15 minutes que tout ça émanait d’HADOPI et qu’il y avait, à coté, la réponse graduée et compagnie. Le lavage de cerveau commence, fear !

Du coup, l’un de mes objectif principaux dans ce bazar sera de sortir au plus vite les labs de l’égide d’HADOPI. D’abord parce que mixer du  répressif (euhh… pédagogique) avec de la réflexion, ça empêche de catalyser toutes les bonnes volontés, mais surtout parce que ce serait idiot de n’utiliser toutes ces compétences, ce temps et cet argent que pour le problème du droit d’auteur sur internet.

Sauf mystification particulièrement vicelarde, il semble que la totalité des gens extérieurs impliqués dans les labs a une ferme envie d’avancer sans se préoccuper des chemins déjà tracés et de ce qui se passe à coté dans la haute autorité. Ça ne semble gêner personne outre mesure qu’une conclusion diamétralement opposée à ce qui se fait actuellement finisse par émerger. Tout le monde s’est entendu sur le fait que si nous partions avec un préjugé quelconque sur un sujet, il serait impossible d’en débattre.

Eric Walter a d’ailleurs reconfirmé que si une idée solidement argumenté se dégageait, rien n’empêchait que ce soit porté devant les institutions politiques pour proposer des modifications de lois, que ce soit par le collège de la haute autorité si il valide la position exprimée par les labs, ou par n’importe qui d’autre qui pourrait se saisir des arguments avancés qui, pour mémoire, seront publiques. Je suis sceptique sur le coup, mais on verra bien.

Reste que beaucoup n’ont absolument pas l’habitude des méthodes collaboratives issues du réseau.

L’exemple le plus frappant que j’ai pu relever durant nos 5 heures de réunion sont les méthodes diamétralement opposées entre les habitudes de recherches universitaires et le crowdsourcing tel qu’on le pratique quotidiennement chez nous. Je me suis au passage rendu compte qu’aucun des deux n’était meilleur que l’autre et qu’il allait falloir développer des trésors d’écoute et de patience en interne pour se comprendre et se parler avant de pouvoir éventuellement imaginer associer d’autres gens à la réflexion.

En bref, une boite à trolls en puissance. Fort heureusement, tout le monde autour de la table semble déjà persuadé qu’il va falloir en passer par la, c’est rassurant.

Autre fait marquant, comme je le disais au début, nous nous sommes réunis avant d’avoir signé quoi que ce soit. Je pense être le seul dans le tas qui ait encore un doute et qui attende les papiers. Mais finalement, c’était une bonne idée de nous réunir puisque nous avons justement discuté du contenu des dits papiers, de la forme de licence à appliquer aux produits des labs, des méthodes de travail qui pourraient être mises en oeuvre, etc. Je sors donc de là toujours les mains vides, mais j’ai pu donner mon avis et débattre du contenant avec les autres. Reste à présent à discuter contenu.

Je me suis aussi rendu compte que le monde universitaire est beaucoup moins mal à l’aise que notre sphère internet sur la question de la rémunération, y compris pour ceux qui sont contre la réponse graduée. « on va bosser sur un sujet et chercher des réponses à des questions, normal qu’on soit rémunéré ». Ils sont par contre très attachés, comme moi,  au principe d’indépendance et de liberté de parole.

Après ces 5 heures de discussion, j’ai le sentiment que je devrais avoir une secrétaire à coté de moi pour noter tout ce qui se dit, j’ai l’impression d’en avoir oublié la moitié. Je pense toujours que HADOPI c’est mal, j’ai toujours envie d’aller dans les labs. Le seul truc nouveau, c’est que j’ai une vague idée de l’ampleur de la tâche qui nous attend, et du coup, 2000 €, ça semble un peu mince à présent tellement je me dit qu’il faudrait être 4 fois plus nombreux et payés plein temps (c’est à dire 24 heures par jour) pour espérer arriver à quelque chose de vraiment concret. D’un autre coté, comment arriver à du concret en ne faisant que réfléchir sans avoir d’activité concrète ?

3 Comments »

  • cartron said:

    1ère étape plutôt positif donc. Je suis « fifty-fifty », plutôt sceptique mais optimiste, attendons les prochaines étapes.
    Merci de ton retour en tout cas Spyou !

  • Bruno (author) said:

    Vu de dedans, en tout cas, le risque ne viendra pas des experts, ou en tout cas pas directement. Il va venir des gens qui viendront autour de la table et de tout ce qui va « au dessus » des labs qui pourrait ne pas apprécier ce qui en sortira. On va avoir besoin de wagons de bon sens en tout cas.

  • Michael said:

    Je pense que le monde universitaire a surtout grandement plus l’habitude que nous de vivre sur les recherches que ses membres font. Les gens de la sphére internet sont soit des techniciens qui gagnent leur vie avec un taf, en général qui ne sont pas trop à plaindre je pense, soit des étudiants qui vont devenir des techos qui vont gagner leur vie ( ou du moins, c’est l’idée que je m’en fait ).

    Le chercheur moyen, il passe son temps à être payer pour des recherches, voir même à chercher des financements. Forcément, il est moins décomplexé vis à vis de ça, c’est une question d’habitude.

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