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La photo, entre information et formation

9 mars 2012 471 vues 9 commentaires
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[Le texte qui suit est ma contribution au second opus du "fil des labs" paru en début de semaine. Publié ici avec les illustrations choisies à l'origine et qui n'ont pas été retenues dans la version officielles pour une sombre histoire de droits parait-il non vérifiables]


Je suis amateur de photo, sans formation, sans connaissance poussée. En bref, c’est un sujet qui me plaît mais que je ne maîtrise pas. J’ai donc commencé par rechercher une définition de la photo. Wikipedia donne en gros la suivante : la branche des arts graphiques qui consiste à créer des images par l’écriture de la lumière. C’est très poétique, mais concrètement, qu’entend-on par photographie en 2012 ?

C’est une image prise de la réalité et qui se trouve généralement contenue dans un fichier numérique, en tout cas pour une très grosse majorité des photos prises aujourd’hui. Qui dit numérique dit copiable à loisir sans dégradation de qualité, réutilisable, modifiable, bref, tout l’inverse d’une photo « à l’ancienne », sur support papier. En ce sens, la photographie a suivi la même évolution que la musique ou le cinéma.

Quelle est la considération apportée aujourd’hui à une photo ? J’ai distingué trois grandes familles qui ne sont toutefois pas exclusives les unes des autres.

*

Crédit photo : Traaf

La photo personnelle, celle qui est prise par le commun des mortels avec l’appareil photo numérique qu’il a à sa disposition. Les photos du mariage du cousin Albert, celle du petit dernier qui patauge dans le sable au bord de la mer, bref, une photo qui n’a, à priori, d’intérêt que pour le photographe lui-même et éventuellement son entourage proche. Il y a 20 ans, elle n’avait que très peu de chances d’avoir une autre vie que celle de relique dans l’album familial ou, à la rigueur, comme membre d’une immense collection chez un aficionados de la photo de famille récupérée.

Le seul cas ou on parle d’argent avec les photos personnelles sont les grandes occasions (mariage, photo de famille…) où l’on fait appel à un professionnel de la photo qui va fournir une prestation de service ponctuelle qu’on peut qualifier de travail artistique. Il est généralement entendu qu’une photo est ensuite la propriété du commanditaire, ou qu’il a en tout cas toute latitude pour faire ce que bon lui semble des clichés, il n’y a donc généralement pas à proprement parler de droit d’auteur à protéger. De plus en plus de consommateurs de photos personnelles prises par des professionnels se tournent d’ailleurs vers l’amateur de photo possédant un matériel d’une qualité un peu plus élevée et un début d’expérience ayant plu. C’est généralement avant tout dans une optique d’économie, mais aussi parfois pour le plaisir d’associer une personne de son entourage à un moment fort de sa vie plutôt qu’un inconnu, tout professionnel soit-il.

Aujourd’hui, la numérisation donne une seconde vie à tous ces clichés qui peuvent, techniquement en tout cas, au détour d’un site de partage, devenir des photos des deux autres familles ci-dessous, ouvrant ainsi une myriade de possibilités concernant le droit d’auteur.

La photo informative ou illustrative, anciennement surtout vue dans les grands médias, était, jusqu’à l’avènement du numérique et des réseaux, la quasi-chasse gardée des photographes professionnels, voir,e pour l’information, des photojournalistes. Ces professionnels savent, à priori, s’organiser pour faire respecter leurs droits, en tout cas en ce qui concerne l’utilisation commerciale de leurs œuvres.

Mais ils sont à présent en concurrence frontale avec la masse immense de particuliers équipés du matériel nécessaire à la prise de vue en toute occasion (numériques compacts, smartphones…) qui sont généralement enclins à fournir leurs clichés aux médias souvent contre l’unique privilège de la citation. Par ailleurs, la démocratisation (certains diront la paupérisation) de la prise de vue numérique encourage à l’autoproduction de clichés plutôt qu’à l’utilisation des services d’un professionnel.

Il ne s’agit pas ici d’un problème de respect du droit d’auteur mais d’une évolution des pratiques créant une nouvelle concurrence. S’il est peut-être souhaitable de limiter la concurrence financière, par exemple en interdisant Mr tout le monde de se faire passer pour un taxi pour arrondir ses fins de mois, il est illusoire de vouloir s’en prendre à la concurrence non financière, ce qui reviendrait, si on poursuit l’analogie du taxi, à tenter d’interdire de prendre un autostoppeur ou de faire du covoiturage.

Crédit photo : Bertrand Sennegon

Concernant la photo illustrative, elle est par ailleurs devenue d’utilisation courante dans monde des blogs ou tout article se doit souvent d’être illustré, même par un cliché médiocre, tant qu’il est à peu près dans le sujet. A ma connaissance, très peu de blogueurs font appel à des clichés professionnels payants pour illustrer leurs articles.

Enfin, la photo artistique, dernière grande famille, est sans doute la moins bien reconnue de toutes, mais également celle qu’on peut trouver au sein de toutes les autres catégories.

Faite, comme toute œuvre d’art, pour plaire (à son créateur, à un public, à l’œil, à l’oreille..), il est facile de la confondre avec une photo personnelle ou informative. Les goûts et les couleurs ne se discutent pas, et si une photo de paysage ne me plaît pas, je la catégoriserai très rapidement « photo perso », alors que la nature même d’une toile à l’huile m’interpellera et me laissera rapidement penser que la personne qui s’est donné la peine de peindre le faisait probablement dans le cadre une démarche artistique. La banalisation des prises de vues a fait presque totalement disparaître la notion d’œuvre d’art dans le monde de la photo.

*

L’arrivée du numérique, comme dans bien d’autres domaines, change donc la donne et bouscule les habitudes. Comme pour la musique, là où quelques acteurs bénéficiaient de la matérialité du support pour construire leur service et développer leur valeur ajoutée, évoluant dans un marché de rareté, la disparition du support et la banalisation de l’outil permettant la transmission font émerger de nouveaux acteurs dont l’arrivée est facilitée par les capacités de traitements automatisés et les nouveaux marchés d’abondance.

Mais la photo connaît un second bouleversement qui lui est propre : la création elle-même est facilitée par le faible coût du matériel d’entrée de gamme et le fait qu’une photo n’engrange plus aucun coût sorti de celui, forfaitaire, du matériel, au contraire de la photo argentique qui consomme à minima de la pellicule et de la prestation pour le développement du négatif.

De fait, même sans aucune connaissance technique ou sensibilité artistique, n’importe qui est à même de réaliser des clichés sans se soucier du budget engagé.

Autre particularité, la photo numérique peut être de très bonne résolution pour un poids relativement faible comparé à de la musique ou de la vidéo, facilitant son stockage et sa diffusion rapide sur les réseaux.

Partant de ces constats, on peut considérer que la photo part avec beaucoup de handicaps par rapport à d’autres œuvres en matière de sauvegarde de l’écosystème en général et de protection du droit d’auteur en particulier.

Il semble que ce que l’on entend par « respecter le droit d’auteur » consiste, pour la plus grande part, lorsqu’un auteur a consenti à diffuser son œuvre, à payer pour l’acquérir ou, plus récemment, la consulter. Contrairement à la musique ou à la vidéo, l’immense majorité des particuliers n’a jamais eu l’habitude de payer régulièrement pour obtenir une photo, en dehors des prestations techniques du développement et du tirage qui, bien qu’étant un secteur économique sinistré suite à l’avènement du numérique, n’ont que peu de rapport avec le droit d’auteur. De plus en plus de particuliers utilisent des photos dans des actes entrés désormais dans la vie courante (fond d’écran, blog voire décoration d’intérieur…) mais, à l’inverse d’autres catégories d’œuvres plus traditionnellement achetées, le « piratage » de photo sur le net ne représente pas une perte pour le secteur puisque cette utilisation était quasi-inexistante jusqu’à la fin du siècle dernier et que la non disponibilité gratuite sur le réseau n’entraîne absolument aucun acte d’achat de la part du particulier.

Il semble donc peu souhaitable qu’un mouvement s’engage vers une traque à l’utilisation frauduleuse de la photo par le citoyen lambda, à la manière de ce qui se fait aujourd’hui pour la musique ou le cinéma. A contrario, il semble important de travailler à une prise de conscience des seuls acteurs qui font réellement fonctionner financièrement le secteur de la photo : ces professionnels qui devraient théoriquement savoir mieux qu’un particulier que l’auteur d’une œuvre bénéficie de certains droits. En un mot, une formation semble nécessaire.

En marge de cette bonne prise en compte des droits d’auteur par les professionnels, le problème réside également dans la gestion de ces droits, parfois nouvellement créés du fait des univers numériques. Si le numérique a facilité le traitement et la transmission de la photo, il n’a pas encore réellement pris en compte le traitement des métadonnées pouvant contenir, entre autres choses, ce que l’auteur d’une œuvre veut bien autoriser la concernant. Non pas qu’un fichier informatique ne puisse pas embarquer de métadonnées, la première version du format EXIF, majoritairement utilisé pour stocker des métadonnées, date de 1995, mais très peu de produits ou de services sont aujourd’hui abordables pour suivre l’usage fait d’une photo et aucune standardisation des métadonnées dans le but d’indiquer les usages possibles d’une photo n’existe hormis un champ « copyright ».

Enfin, la banalisation de l’acte photographique a entraîné la création d’archives gigantesques à très bas prix, tirant l’ensemble du marché vers le bas, à la fois financièrement et qualitativement.

Il existe donc tout un marché de la qualité à un prix respectant les intérêts de chacun à créer et à développer, peut-être en l’accompagnant d’une mission chargée de responsabiliser ceux qui financent la photo par l’utilisation commerciale des œuvres. En bref, si l’on se cantonne au sinistre financier manifeste du secteur, le coupable n’est bien évidemment ni l’appareil photo numérique, ni l’amateur et encore moins internet mais bien, comme souvent, un défaut d’éducation et de considération de son prochain.

9 Comments »

  • Alleaume said:

    J aime beucoup et article.

  • Fred said:

    Je pense qu’il manque dans ton analyse, une catégorie de photos commerciales qui a fait l’objet de piratage depuis que le net existe.
    Certaines sont artistiques, d’autres moins…

  • Bruno (author) said:

    Pour moi, elles sont à moitié dans les photos illustratives et les photos artistiques …

    On doit pouvoir trouver une bonne douzaine d’autre méthode de tri :)

  • lavertus said:

    Un très bel article qui présente l’évolution récente du monde de la photos.

    Par contre, je n’arrive pas à cerner ce qu’il « reste » réellement à défendre ? Et à défendre contre quoi/qui ?

    La conclusion parle du « sinistre financier manifeste du secteur ». Secteur de la photo ? Comme il est écrit dans cet articles, beaucoup de choses en changées depuis quelques années dans ce secteur, mais où est le mal ?

  • Bruno (author) said:

    Je ne suis pas certain, en effet, qu’il y ai un mal … Encore que cela est fonction de la ou on se place.

    Du coté du professionnel qui voit son activité réduite à quasi néant en quelques années, c’est probablement « mal ».

    Le problème réside en fait dans la mutation rapide à laquelle les gens ont du mal à s’adapter. Les maréchals ferrants n’ont pas eu de problème réel avec les voitures puisqu’elles ont mis plusieurs décénies à s’imposer. Le fils n’a simplement pas repris l’entreprise familiale, c’était moins douloureux.

    Avec le numérique, c’est 10 ans…

  • lavertus said:

    oulala, ne me fait pas dire ce que je n’ai pas dis ! Je comprend très bien cet aspect de la problématique. Ma question aurait dû être : En quoi la HADOPI est concerné par ce problème ? Bien que le métier soit (en partie) plus ou moins lié au « droit des oeuvres », le problème dont tu parles n’est en aucun cas lié à ces droits, donc pourquoi la HADOPI s’intéresse à ça ?

    Pour en revenir sur l’évolution rapide du monde de la photo, ta comparaison avec le maréchal ferrant ne peut n’empêcher de penser au petit photographe installé en centre ville qui a du fermer il y a peu. Je comprend sa douleur. Je pense aussi au réparateur de télé (un exemple parmi d’autres) qui était installé juste à côté de chez lui, et qui a fermé trois mois plus tard ! Tiens, lui on n’en parle moins ? c’est plus normal ce qui lui arrive ? Il s’agit dans les deux cas d’une évolution de la technologie et des modes de consommation qui ont fait « disparaître » leurs activités !

    De plus, pour l’aspect « emploi » concernant la photo, je pense qu’il y a eut plus d’emplois à ce créer qu’a disparaître. Avant la consommation mondiale était très faible (un appareil photo durait plus 10 ans, les gens ne faisait que quelques photos par mois …), maintenant on change d’appareil photo tous les deux ans, on fait des centaines de photos par mois (même si c’est numérique, ça fait des carte mémoires de vendues, de l’espace de stockage physique ou en ligne, et il y a encore un énorme marché du tirage papier !)

    Ton texte m’a fait penser à quelque chose de très intéressant : J’imagine ce qui ce passerait si ce qui est arrivé au monde de la photo arrivait au monde de la musique : En quelques années des milliers de personnes décident de ce mettre à composer eux même leurs morceaux, à les diffuser sur Youtube, Jamendo, etc … Et que le reste de la population se contente de ces sources de musique, que ces nouveaux artistes font des concerts de plus en plus importants, s’auto-produisent, font presser eux même leurs CD … Y aura-t-il des gens à vouloir aider les majors qui devront fermer ? Cette démarche aura-t-elle un sens ?

    Enfin, ta réponse me confirme dans ma vision de la HADOPI : elle n’est pas là (que ?) pour protéger le droit des oeuvres, mais surtout pour protéger les bénéfices des personnes qui les exploitent ! Je me trompe ?

  • Bruno (author) said:

    Il faut croire que le lobby des réparateurs de télé a été moins efficace que celui de la photo qui est lui même moins efficace que celui de la musique …

    Il me semblait clair, dès le début des débats parlementaires, qu’hadopi était destinée à travailler pour sauver les lobbys … Et qui sont ils ? les industriels, bien entendu.

    Pour aider les artistes, il faudrait que le droit d’auteur serve à nouveau à ce pour quoi il avait été imaginé : protéger l’artiste contre son éditeur/diffuseur/producteur/whatever .. Ce qui n’est plus le cas.

    Maintenant, sur la légitimité d’hadopi à s’emparer du sujet, faut-il souligner qu’il s’agit d’une publication des labs et non d’hadopi ? Au titre de notre indépendance, nous faisons bien ce qui nous chante, y compris souligner que « oui, il y a des photographes qui souffrent en ce moment » … Au même titre que des industriels …

    Et comme il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain, on s’y intéresse un peu … même si on est peu suivis :)

  • lavertus said:

    Effectivement il s’agit d’une publication des labs, ce qui comme tu le dis, est en marge de la HADOPI. Je comprend que ce thème soit abordé parmi d’autres, il mérite aussi qu’on s’y attarde.

    J’apprécie beaucoup le reste de cette réponse sans équivoque ! De plus, venant d’une personne « infiltrée » chez HADOPI je suis même très agréablement surpris !

    Ta réponse me fait sauter à pieds joints dans la conclusion à laquelle je souhaitais arriver (pourtant j’avais d’autres arguments pour en arriver à ça, on y reviendra s’il le faut. Ou pas) : Comment pouvons nous tolérer que dans un pays démocratiques comme le notre, les lobbys puissent utiliser l’état de cette manière ?

    Je dirai même plus : Comment l’état peut manipuler le peuple de cette manière ? Je m’explique : même si cette conclusion est celle de beaucoup de personnes regardant le dossier de près il en est tout autre pour les autres personnes et les communiqués officiels.

    La HADOPI est officiellement là pour protéger la Culture, l’Art, les Créateurs … Toutes les campagnes sont sont orientées dans ce sens, et comme tu le dis, ce n’est pas ce qui est fait (cf le 3ème paragraphe de ta réponse). Pourquoi cette désinformation envers le publique ?

    PS : Je n’attend pas spécialement de réponse à mes questions, juste que je soit contre-dit si je me trompe. Je comprend le pouvoir des lobbys. Mes questions débouchent sur un débat politico-philosophique qui je pense, n’a pas sa place sur ces commentaires.

  • Bruno (author) said:

    Il y a deux ans, je t’aurais répondu « c’est la vie » …

    Aujourd’hui, plus je gratte et plus je passe de temps dans les « organes de l’état » plus je constate avec tristesse que tout ça est, au choix, le terrain de jeu d’une poignée de personnes (mais je ne suis pas théoricien du complot) ou bien tout connement systémique. Anyway, c’est probablement un peu des deux mais je ne sais toujours pas dans quelle proportions.

    Comprendre par la que :
    - beaucoup y entrent la fleur au fusil avec la volonté de tout changer (un peu comme moi, tiens)
    - la majorité voit très vite que ça ne va pas dans le bon sens (certains lâchent rapidement sous le joug du devoir de réserve, au choix en partant ou en rentrant dans le rang. Pour ma part je n’ai pas le problème du devoir de réserve, donc tout va « presque » bien)
    - Ceux qui sont rentrés dans le rang se disent que c’est pas plus mal que si c’était pire et que ça avance quand même un peu (et c’est, en réalité, vrai … mais tellement lent qu’on ne s’en rend absolument pas compte de l’extérieur … et que la pertinence de l’action elle-même peut être super simplement remise en question comme tu l’a fait en soulevant le coté « side-subject » du book des labs sur la photo)
    - Ceux qui sont sortis, soit vont (ou retournent) à ce qu’on pourrait qualifier de « résistance » (ne pas tolérer ce qui se fait au sein de l’état), soit veulent à tout prix sortir la tête de ça et vont mener leur vie en dehors de toute action politique .. Une « vie normale » finalement si tu regarde les (pré)occupations de la majorité de la population .. Certains jours je suis pas loin de verser par la :))

    Comme tu dis, on vire à la philo, mais je suis quasi-convaincu que tout ça n’est, pour beaucoup, au mieux qu’une occupation, au pire un hobby (oui, les lobbys ont des hobbys ..) et que relativement peu ont en tête les conséquences possibles de leurs actes sur « les peuples » (c’t'un peu grandiloquent mais j’ai pas trouvé mieux) et même pire, que certains ne pensent pas à mal.

    Pour revenir au sujet, si tu regarde bien, peu de gens « tolèrent » hadopi … les associations combattent, les partis politiques la renie, les ayants droits disent qu’elle est molle et le commun de mortel n’en a, finalement, pas grand chose à branler.

    La désinformation du public est le nerf de la guerre en politique. Regarde donc, on se fait tous couillonner tous les 5 ans à jouer un simulacre de démocratie en attendant le prochain shoot une demi décennie plus tard …

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