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Articles tagged with: TMG

3615 my life »

[4 déc 2011 | 2 Comments | 379 vues]

[La bafouille qui suit est signée Stéphane Bortzmeyer, histoire de relever un peu le niveau bassement technique des discussions autour de l'affaire TMG/ALPA. J'y ai ajouté la délicieuse féminité de Tania. Dans le même registre, l'ami Jean-Michel Planche en a commis une bien plus longue et toute aussi pointue]


Crédit photo : Tania

La plupart des critiques de cette assignation ont porté sur ses erreurs ou approximations techniques, mais je crains que ces remarques, techniquement correctes, ne masquent le principal problème, qui est le privilège exorbitant dont jouissent les néo-féodaux. Arc-boutés sur des droits antiques, ils réussissent à obtenir des choses dont d’autres industries ne peuvent que rêver, à commencer par un soutien total et inconditionnel des autorités.

Le problème avec les demandes de cette assignation n’est donc pas tellement, selon moi, le caractère flou des mesures techniques envisagées, mais le fait que, pour satisfaire des intérêts purement privés, on modifie l’architecture de l’Internet en y ajoutant un composant de filtrage qui va diminuer sa résilience (tout nouveau composant apporte de nouvelles sources de pannes) et grandement diminuer les libertés. Normalement, un changement fondamental d’architecture d’un système technique complexe et très important pour la vie de tous, ne devrait être fait qu’après mûre réflexion alors qu’ici, l’industrie du divertissement aboie et leurs désirs sont satisfaits immédiatement.

Les demandes présentées dans cette assignation sont donc une attaque directe contre le principe de neutralité du réseau. Les auteurs de l’assignation en sont bien conscients et consacrent une partie de leur texte à se justifier sur ce point. Ils inventent un concept, « la neutralité pour les contenus licites uniquement ». Mais un intermédiaire technique, comme un FAI, ne peut pas avoir à décider si un contenu est licite ou non. S’il le faisait, il ne serait plus un simple intermédiaire technique mais un censeur.

Les autres réseaux de transport ont également ce concept de « neutralité du réseau ». A-t-on jamais entendu que la SNCF transportait « tous les colis mais seulement s’ils sont licites », et fouillait les valises pour trier (l’équivalent du DPI) ?

Comment ça marche, Idioties, Internet »

[3 déc 2011 | 4 Comments | 1 257 vues]

[Ce titre a des relents de "sexe par surprise", vous trouvez pas ? Y'en a qu'on menace de mettre en prison pour ça !]


Crédit photo : Jeremy Brooks

Démarrons par une petite remise en situation :

  • Trident media guard (TMG) est la société missionnée par les ayants droits pour effectuer des relevés sur les réseaux peer2peer dans le cadre de notre ami le bidule gradué d’hadopi.
  • L’ALPA est l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle. Non, pas une association qui lutte contre les films de pirates mais qui lutte contre ceux qui piratent les films.
  • Ces deux bidules (désolé, j’ai pas trouvé d’autre mot) et quelques autres sont présents dans un document publié hier par PCInpact qui constitue l’assignation des gros FAI français et des gros moteurs de recherche dans le but de faire disparaître le site allostreaming et ses petits copains de la face de la toile, en tout cas en france (document passé à l’OCR sans retouche dispo ici).
  • Allostreaming et ses copains sont des sites indexant les vidéos présentes sur d’autres sites et n’héberge aucun contenu contrefait.

Ces messieurs ayants droits se vantent, dans leur assignation, de vouloir (point 228) tirer les leçons des actions en justice précédentes en matières de blocage de site. C’est tout à leur honneur si seulement c’était vrai. Ou alors ils n’ont pas tiré les bonnes leçons. Il suffit, pour s’en convaincre, de lire leur définition de la neutralité du net (point 278) qui, à grand renfort de références juridiques, tente de prouver par A + B que le réseau ne peut être neutre que pour les contenus licites. De là à tirer la conclusion que la neutralité est une chimère qui n’a strictement aucune chance d’exister, il n’y a qu’un pas, et on les sent bien avoir l’envie de le franchir tout en se retenant. Lire la suite »

3615 my life, HADOPI, Idioties »

[22 juil 2011 | 5 Comments | 688 vues]

[En trollant avec une bande d'activistes l'autre soir, j'ai réussi à mettre des mots un peu brouillons sur quelques idées]


Crédit photo : Thomas

Imaginez la scène. Nous avons des artistes. Illuminés notoires, ils ne vivent pas dans le même monde que le reste de l’humanité. Et c’est tant mieux, puisque grâce à ça, ils nous font rêver (j’ai pas trouvé de meilleur terme pour résumer). A l’extrême opposé, il y a vous et moi. L’écrasante majorité de population qui ne produit que peu ou pas d’art (au sens ou on l’entend aujourd’hui dans le cadre culturel hein, parce qu’autrement, on a tous nos petits talents dont beaucoup peuvent être considérés comme artistiques).

On note tout de même une translation de plus en plus marquée, les gens s’appropriant les outils permettant de diffuser leurs créations « perso » au plus grand nombre, mais le sujet n’est pas la.

Entre ces deux extrêmes, il y a tout une ribambelle d’acteurs, qui n’entrent pas nécessairement en jeu, mais on les croise quand même beaucoup : Lire la suite »

3615 my life, Internet, Legislation »

[23 sept 2010 | 5 Comments | 72 vues]

Crédit photo : Kmeron (flickr)

Patrick Waelbroeck écrivait avant hier, dans les lignes de laviedesidees.fr, un papier très bien fait (bien qu’assez long) sur l’industrie musicale face au téléchargement. Il fait le tour de la question, tant coté baisse de certains marché que naissances de nouvelles opportunités pour les ayants droits du secteur en passant par les opportunités loupées.

La conclusion de l’article porte sur la comparaison coût/bénéfice :

Au final, il sera facile de juger de l’efficacité de la loi Hadopi en comparant ses bénéfices à son coût. Ce coût comprend les frais d’installation et de fonctionnement de Hadopi et le coût pour les internautes en termes de réduction de la protection de la vie privée suite à l’installation des filtres pour contenu téléchargé. Il inclut également l’augmentation du prix de la musique par manque de concurrence, et la réduction du surplus des consommateurs, liée à une baisse de la fréquentation des réseaux de partage par peur de la circulation des fichiers illégaux. Les bénéfices sont représentés par une augmentation potentielle des ventes de CD et de musique numérique légale. Au vu des éléments précédents, on peut se demander si les bénéfices pour les industries culturelles sont à la hauteur des coûts imposés à l’ensemble de la société. Lire la suite »