
A l’ère du net, et étant donné la bande de geeks poilus que je fréquente, je suis de moins en moins regardé de travers lorsque je glisse dans une conversation « pas de télé chez moi ».
Il en reste quand même qui ne conçoivent pas que ce soit encore possible « de nos jours ». Et pourtant, ça ne date pas d’hier, ça doit faire un peu plus de 20 ans que l’objet a disparu des divers lieux ou j’ai habité. On m’a peut-être menti à l’insu de mon plein gré, je pouvais encore montrer mon age avec les doigts des mains à l’époque, mais la légende veut que la télé soit tombé en panne et que mes parents n’aient pas voulu la remplacer.
Attention, il faut bien se comprendre, je ne suis pas coupé du monde des images. J’ai trois ou quatre fois plus d’écrans que la moyenne de la population et je passe au moins 3 heures par jour devant sans compter les 8 heures au bureau. Je m’informe (pas tout à fait) comme tout le monde, je me scotch devant des séries, je passe du temps devant certains reportages, et je me paie même parfois le luxe d’un film quand j’ai le temps.
Mais alors quels sont les avantages ?
- L’objet en lui-même a débarrassé le plancher. On ne s’en rends pas forcément compte, mais dans un salon « normal » de nos jours, l’objet télévision conditionne la quasi totalité de l’organisation et de l’ameublement de la pièce. Conséquence immédiate, à la maison, le canapé n’est pas tourné vers la télé mais vers le meuble qui contient tout un tas de bouteilles pleines d’alcool. Geek un jour, geek toujours, il y a évidemment un écran qui est arrivé sur le meuble en question, mais ce n’est pas une télé.
- Il n’y a pas de rythme imposé par un élément extérieur. On ne mange pas a 20h parce que c’est le JT, on mange a 20h parce que c’est la bonne heure pour manger en ce moment, sauf le mardi et le vendredi ou les enfants se couchent plus tard et ou on mange donc plus tard. Les enfants réclament bien sur leurs dessins animés du matin avant de partir à l’école, mais on leur met ce qu’on veut (ou plutôt ce qu’ils veulent) quand on veut et pas de « je veux voir la fin » puisqu’il suffit de faire « pause » pour voir la fin le soir après l’école.
- On reste maître de sa consommation d’image et la passivité n’est pas la règle. Chacun est libre de zapper lorsqu’une émission ne lui plait pas, ou même d’éteindre la télé, mais je vous assure que c’est beaucoup plus simple de cliquer sur « fermer l’onglet » dans un navigateur puisqu’on a pratiquement déjà la main sur la souris et qu’on est en activité permanente. L’absence de passivité permet aussi de gagner un temps fou. Fini les « je suis claqué en rentrant du boulot » qui, sans s’en rendre compte, génèrent des loques qui écrasent les coussins des canapés pendant 3 ou 4 heures.
- On évite les guerres du type « je veux regarder ça », « non, ça plutôt ! ». Si une activité mettant en jeu un média quelconque fait consensus, tout le monde se rassemble devant un PC, voir même devant l’écran du vidéoprojecteur. Si personne n’est d’accord, chacun son écran et son activité.
- On économise 120 euro de « contribution audiovisuelle » par ans.
- Les jours de grand désespoir pour cause de gamins intenables, on peut les laisser tant qu’on veut devant un écran qui passe de la vidéo en boucle en sachant quelles images ils verront.
- Et surtout, on dit au revoir à la pub qui bourre le crane pendant 10 minutes toutes les demi heures. Mais chassez la de votre vie en jetant votre télé, elle revient au galop dans votre internet. Satanée cochonnerie !
C’est une drogue fortement addictive, et je ne suis pas certain que chacun puisse réussir à arrêter du jour au lendemain, pas sans une bonne dose de volonté en tout cas, mais ça vaut le coup d’essayer, promis !
A coté de ça, je ne suis pas certain que je réussirai longtemps à tenir bon devant mes enfants qui vont bien finir par la réclamer un jour ou l’autre. Croisons les doigts !
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