Ça fait quelques temps que j’essaie de réunir une petite équipe pour monter un projet qui me trotte dans la tête mais je me dis qu’en en parlant ici, j’aurai peut être un feedback un peu plus important. Et comme en plus on est trolldredi, allons-y !

« Aider la création » de la façon que le législateur a inventée, je n’y crois pas. Ni le coté taper sur les clients, ni le coté perfuser des initiatives, qu’elles soient nouvelles ou anciennes, ni le coté indiquer aux gens ce qui est bon pour eux. En vrai, je ne crois pas à la piste légale du tout. Je pars, par ailleurs, du principe qu’il y a un problème avec la création, alors que ce n’est même pas prouvé, mais passons.
Il y a un problème qui, lui, est bien réel, c’est le fait que création est aujourd’hui systématiquement associée à argent.
La création, elle, c’est de l’art. Oui, même toi, petit blogueur qui fait un billet une fois tous les 6 mois, tu es un artiste. Tu crées ! Ta création doit avoir une valeur à peu près aussi haute que celle de la mienne, mais peu importe, elle fait sûrement plaisir à quelqu’un, même si ce quelqu’un c’est ta mère ou ton collègue de boulot. Et l’art, c’est quoi ? C’est une façon de s’exprimer.
Ces messieurs dames, pour qui HADOPI a été créée, l’ont complètement oublié. Non, monsieur Pascal Nègre, si vos pourvoyeur de musique et de films sont là avant tout pour l’argent, ce ne sont pas des artistes, ce sont des marchands. Si on s’exprime publiquement, c’est idiot de vouloir poursuivre ceux qui portent votre parole. Autant ne pas s’exprimer, c’est plus simple.
Qu’un artiste gagne sa vie avec le fruit de son travail, de sa création artistique donc, ça ne me gêne absolument pas. Je fais pareil avec l’art que je maîtrise d’amadouer les serveurs, les routeurs, les fibres optiques, etc. Et une fois que j’ai terminé ma mission, je ne vais pas réclamer d’argent à mon client au motif que l’art que j’ai pratiqué une fois lui permet de faire tourner sa boutique tout le temps. Je ne demande pas non plus de royalties à tous les gens qui ont utilisé mes idées. Mon fond de commerce à moi, mon art, ce sont mes connaissances et mes compétences en matière de réseau et d’informatique. Je les monnaie parfois outrageusement cher mais à côté de ça, je fais mon maximum pour les partager avec qui veut bien les lire, et j’encourage les gens à copier et a diffuser tout ça.
Bon, j’avoue, c’est un peu pour gonfler mon ego, compter le nombre de fois que mes articles ont été tweetés et buzzés et me sentir un tout petit peu maître du monde, mais c’est surtout parce que la diffusion de la culture (au sens large) me semble quelque chose de capital si on ne veut pas finir comme dans le film Idiocracy. Remarquez, c’est peut-être ce que nos amis puissants veulent… Continuer à développer l’assistanat, à empêcher les gens de penser, etc.
Trêve de discours, voici mes idées. Je précise que j’emploie indifféremment « artiste » et « créateur », il faut garder à l’esprit que toute forme de création peut et doit être concernée. Les premières qui me viennent à l’esprit sont la musique, le cinéma, l’écriture et l’image mais ce n’est pas limitatif, loin de là.
- Avec nos médias modernes, les frontières entre les gens tombent plus facilement. Certains l’ont compris et j’ai été étonné de l’accessibilité actuelle de députés, de chefs d’entreprise, etc. C’est le moment de rapprocher, dans la discussion, les artistes et leur public. Nous savons tous qu’un débat avec 10 personnes d’un coté et 100000 (ou plus) de l’autre ne donne rien, mais de petites mains peuvent réussir à extraire la quintessence du débat de la myriade de phrases pour qu’un intervenant (ici un ou plusieurs artistes) puisse plancher dessus. Le temps est venu, d’une part que la population dans son ensemble puisse connaître l’avis de ceux qui créent autrement que par l’entremise de leur producteur ou de leur distributeur et il est également temps que les artistes prennent position dans le débat actuel même si c’est difficile et potentiellement dangereux pour leur image s’ils n’ont pas l’habitude de ce nouveau média de communication.
Concrètement, ça donnerait un travail assez conséquent de communication avec les artistes pour qu’ils viennent exprimer en quelques lignes leur point de vue comme certains l’ont déjà fait. Dans un second temps, ouvrir la possibilité, pour ceux qui le souhaite, que le visiteur puisse commenter le point de vue et démarrer un débat avec un système de vote globalisé permettant de faire ressortir les questions jugées pertinentes par le plus grand nombre. - Faire découvrir l’envers du décor aux gens qui apprécient les oeuvres. Comment crée-t-on ? D’où vient l’inspiration ? Quels moyens techniques sont aujourd’hui mis en oeuvre ? etc. Le but étant que chacun puisse se faire son idée sur le travail qui va derrière la création d’une oeuvre, afin d’être à même de juger la valeur qu’elle peut représenter au delà de l’art lui-même.
Cette partie prendrait la forme d’un blog à plusieurs contributeurs qui seraient, dans l’idéal, les créateurs eux-mêmes, accompagnés bien sur des gens ayant des attributions techniques dans la réalisation, incluant donc producteurs et distributeurs. - Permettre au plus grand nombre de comprendre qu’il n’y a pas nécessairement corrélation ou contradiction entre le fait d’exercer son art, le fait de gagner sa vie et le fait d’être partisan du libre échange à but non lucratif de ses oeuvres.
Cette partie consiste bien sur à promouvoir les oeuvres libres (en Creative Commons ou autre type de licences libres), à inviter les gens à venir les découvrir, aider à faire ressortir celles qui pourraient devenir « les tubes de demain », mais aussi et surtout à montrer aux artistes de « l’ancienne école » qu’un modèle économique est possible en encourageant le libre partage. - Rebondir sur les moyens légaux actuellement mis en place ou en cours de mise en place pour assurer les droits des créateurs diffusant leurs oeuvres sous licences libres. Une discussion est en cours avec HADOPI pour connaitre les modalités exactes d’une action commune des « créateurs libres » pour faire respecter leurs droits.
Ce volet prendrait la forme d’une association de toute personne se considérant comme créateur et ayant utilisé au moins une fois une licence libre. Dans un monde idéal, cette association défendrait les droits de ses membres par tous les moyens possibles. Dans la vraie vie, il est plus probable qu’elle ne serve qu’à mesurer l’ampleur du phénomène de la création librement partageable, ce qui serait déjà beaucoup.
Ces différentes idées nécessitent un ou plusieurs outils inexistants aujourd’hui et que je ne peux, compte tenu de mon emploi du temps, pas réaliser seul. Les idées demandent aussi probablement à être discutées et retravaillées.
Toute personne trouvant un minimum d’intérêt à tout cela et pensant pouvoir être utile est invitée à me contacter ou a se lancer dans son coin, l’important étant que ça se fasse.
Je me suis demandé si ça valait le coup de lancer un appel aux dons façon Diaspora et puis finalement je me suis dit que ça risquait de devenir une grosse usine à gaz et que d’autres le ferait si c’était nécessaire pour faire avancer les choses.
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