A l’occasion des petits problèmes de DNS de nos amis de chez Wikileaks, on m’a demandé de faire un petit topo sur comment on crée un miroir de site. Les mêmes recettes sont à peu près applicables pour contourner des filtrages imposés par nos amis de l’ARJEL ou d’autre censeurs fous du même type.
Comme je l’ai déjà expliqué dans la série qui explique comment on devient hébergeur, pour faire fonctionner un site internet, vous avez besoin d’un serveur, d’un logiciel qui sait parler le protocole HTTP, d’une adresse IP routable et, éventuellement, pour la cosmétique, d’un serveur DNS (qui peut être sur la même machine) et d’un nom de domaine.
Le problème actuel de Wikileaks se situe au niveau du serveur DNS. Ils ont utilisé un service de DNS gratuit comme on en trouve un peu partout et se sont fait jeter comme des malpropres, ce qui peut éventuellement être considéré comme normal, le service en question n’étant probablement pas prévu pour tenir la charge générée par Wikileaks en tant que tel, et donc encore moins la charge générée par les cyberattaques des imbéciles qui s’imaginent qu’un site inaccessible ne peut plus rien faire.
En bref, Wikileaks, lorsqu’il n’est pas victime d’attaques par saturation est parfaitement fonctionnel, simplement, il n’y a plus de machine pour dire « www.wikileaks.org = 88.80.2.32 ». Ceux qui savent peuvent toujours continuer à y accéder en tapant http://88.80.2.32 mais cette IP aura probablement changé dès la fin du weekend si c’est pas avant.
Pour aider les gens, vous pouvez utiliser un nom de domaine tout frais (ou un que vous avez déjà) et configurer l’alias de www sur cette adresse IP voir un sous domaine, par exemple je pourrais faire http://wikileaks.spyou.org mais la j’ai pas le temps.
Seconde possibilité, pour créer un peu de solidité, vous pouvez utiliser un nom de domaine à vous pour faire une redirection web vers la bonne IP du moment pour Wikileaks. Le résultat final sera identique au pointage DNS ci dessus mais vous ne souffrirez d’aucun délai de prise en compte lorsqu’il viendra le temps de changer d’IP puisque chaque requêtes effectuée aboutira sur votre machine qui redirigera le visiteur vers la bonne adresse.
Si vous voulez aller un peu plus loin, il faut créer un miroir du site. La, ça se corse. Outre le fait que les contenus de Wikileaks ne peuvent, à priori, pas être dupliqués à volonté sans autorisation, il y a un brin de dynamisme sur le site qui rends la création d’un miroir difficile sans arrangement avec Wikileaks lui-même.
Ceci dit, il semble, dans le cas précis du cablegate, que le gros de ce qui est interessant soit en HTML statique. Créez vous donc un espace d’hébergement quelconque et, si vous êtes sous un unix lambda, lancez un petit
wget -m -k -K -E http://wikileaks.bortzmeyer.fr
Et voila, grâce au pointage DNS de Stéphane Bortzmeyer, vous avez rapatrié le site Wikileaks chez vous. Vous pouvez à présent communiquer l’URL au monde entier et vous attirer les foudres d’Eric Besson et de la totalité du corps diplomatique mondial.
La dernière solution consiste à contacter l’équipe Wikileaks pour leur proposer un hébergement officiel .. Mais si vous envisagez la chose, vous avez probablement les compétences pour gérer l’engin.
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