
Avez-vous remarqué comme les « personnes publiques » ont toujours l’air sérieuses ? Ton souvent neutre, bonnes manières, arrondir les angles, etc. Même lorsqu’elles font mine d’être en colère, on sent toujours un arrière goût de « si je dis ça comme ça, alors ils penseront que… »
A croire que ces personnes ne se lâchent jamais vraiment. Et pourtant, même à un présentateur de JT, ça doit bien parfois arriver de raconter des blagues belges en se fendant la poire avec des amis, non ?
Rapport au fait que ma (courte) biographie risque de se retrouver entre les mains d’un tas de journalistes début février, je me suis intéressé un brin à un domaine dont je me foutais jusqu’à présent comme de ma première paire de pompe : le personnal branding. L’art de se vendre et de faire passer ce qu’on souhaite que les autres retiennent de soi.
Bon, après y avoir passé une demi journée, je dois bien le reconnaître, c’est gonflant. J’ai mes idées, mes principes, ma façon d’être, ma façon de me fringuer, ce que j’ai fait de ma vie et ce que je veux en faire à l’avenir, et très clairement, tout ça ne pourra jamais plaire à tout le monde. Et si je changeais tout, ce serait pareil.
En prime, j’estime que perdre du temps à se démener pour arrondir les angles et fausser son propre discours dans le but de faire plaisir, c’est passablement inutile, voir dangereux.
Reste tout de même que pour faire passer le message à quelqu’un, il vaut mieux se mettre à son niveau, sinon, le fond risque d’être éclipsé par la forme. Non pas que ce soit un niveau plus bas ou plus haut, juste qu’il est différent.
Mais souvent, la « mise à niveau » en question peut prendre des formes étonnantes. Un commercial ne peut pas ferrer un client grand-compte-pingouin-style en se pointant en jean/tshirt ? Eh ben si, s’il arrive à trouver la corde sensible du type qu’il a en face de lui, la forme de la démarche disparaîtra quasi complètement.
J’ai lu, à l’occasion de la reprise d’un de mes billet par PCInpact, des gens critiquer le ton léger employé et les tournures de certaines phrases. Ça ne faisait pas très « journaliste ». D’un autre coté, je suis tout sauf un journaliste, donc c’est pas bien grave.
Il semble que je devrais bientôt pondre des documents destinés à des gens qui ont sûrement l’habitude de lire des textes exprimant surtout des points de vue et des faits mais très peu d’émotions. Ils risquent d’être surpris de la forme de mes écrits, mais j’espère bien réussir à faire tout de même passer les messages.
Après tout, si je commence à modifier la forme de mes écrits, est-ce que je ne risque pas de taper également dans le fond ? Un texte n’est pas un verre de vin qu’on peut vider de son contenu en gardant le contenant dans la main. Et on ne peut pas non plus transvaser le contenu du texte dans un autre contenant sans en altérer le sens.
En bref, pourquoi être faux dans le but de rallier des gens à ma cause si c’est pour qu’ils s’aperçoivent plus tard que je ne suis pas la personne attendue ?
Question ouverte, je ramasse les copies lundi matin.
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