Attention, ce qui suit n’est pas nécessairement à la portée technique de monsieur tout le monde, mais ça ne vous empêche pas d’essayer 🙂

HADOPI a fait découvrir les VPN à bon nombre de gens ces derniers mois. Qu’on ne se trompe pas de discours, le présent article n’a pas pour but de faire l’apologie de l’anonymat sur internet. Celui fourni par les marchand de VPN est d’ailleurs tout à fait relatif. Non, il s’agit plutôt de remettre un peu de neutralité là ou n’y en a plus.
Qu’on s’entende bien sur le terme neutralité, s’il en était encore besoin. « Tous les paquets naissent et circulent libres et égaux en droit et chaque équipement est libre de communiquer avec tous les autres ».
Oui, mais comment faire lorsque votre FAI et sa bidulebox considèrent que décidément mégaupload ne sont qu’une bande de pirates pédo-nazis ? Il faut rejoindre la face cachée d’internet, celle où l’herbe n’est certes pas plus verte mais où la tondeuse de monsieur Orange n’a pas tout égalisé façon terrain de foot avant une coupe du monde.
Pour se faire, on va monter un VPN. Non pas avec ces espèces de troll « anti hadopi » qu’on trouve un peu partout sur la droite de Google quand on cherche des infos techniques mais avec un vrai opérateur qui sait ce qu’il va vous vendre et qui saura même vous l’expliquer.
Lorsque votre machinbox est connectée au réseau, elle porte généralement l’adresse IP publique qui vous a été allouée par le FAI. Vos ordinateurs, smartphones et autres frigos intelligents n’ont qu’une IP privée à leur disposition. Ces IP sont ensuite, par un mécanisme prénommé « network address translation », empaquetées dans la seule IP publique vous permettant de discuter avec le réseau.
Ce mécanisme, sauf à déployer des trésors d’ingéniosité à base de redirections de ports, vous empêche, depuis votre lieu de vacances, de taper http://www.monfrigoamoi.com/ dans un navigateur pour aller consulter l’état de votre stock de yaourts. Certains trouvent que c’est plutôt pratique d’un point de vue sécurité, l’accès à vos ordinateurs étant, de facto, rendu plus difficile depuis l’extérieur.
Le décor est donc planté. Sans neutralité, point d’accès confortable à tout le réseau et point d’accès à ses propres équipements tout court.
Là où l’opérateur VPN normalement constitué va pouvoir vous aider, c’est en banalisant (« neutralisant » dans le titre du présent article) la liaison que vous offre votre FAI. J’ai déjà un peu causé du principe du VPN ici. Ce qu’il faut retenir, lorsqu’on n’imprime rien à la technique, c’est qu’un VPN n’est ni plus ni moins qu’un câble virtuel qui va relier votre machine à un réseau distant.
De l’autre coté de ce câble, si le réseau est pourri et non neutre, vous n’aurez rien gagné. Si, par contre, le réseau peut vous fournir autant d’IP que nécessaire pour vos objets communicants ayant besoin de dialoguer proprement avec l’extérieur et traiter votre trafic de manière normale, vous avez décroché la timbale.
Là où les choses se corsent, c’est que si l’installation d’un client VPN est facile sur votre PC de bureau ou votre laptop, c’est probablement plus difficile sur votre beau frigo. La solution à tout ça, c’est le petit routeur qui va établir lui-même la liaison VPN et distribuer, sur votre réseau local, les adresses IP fournies par votre réseau distant. En très schématique, ça donne :
[Vos équipements avec ip routables] | [Votre routeur VPN] | [Le réseau privé de la machinbox] | [Le réseau de votre FAI] | [Internet]---[Réseau du FAI de vacances] | [Le réseau du fournisseur VPN]
Pour bien visualiser, à chaque fois que vous allez essayer de discuter avec votre frigo depuis votre lieu de vacances, les données vont d’abord aller chez votre fournisseur VPN qui va les enfermer dans le câble virtuel dont je parlais tout à l’heure pour les faire remonter sur votre routeur VPN, la réponse suivant exactement le cheminement inverse. Il en va de même lorsque vous êtes chez vous et que vous irez consulter vos emails sur le serveur de votre FAI. Votre demande ira jusqu’au fournisseur de VPN dans le câble virtuel pour en ressortir et parcourir internet jusqu’au réseau de votre FAI où il trouvera le serveur de mail, la réponse repassant ensuite par le réseau du fournisseur VPN. Votre FAI ne saura même pas que vous consultez vos emails depuis chez vous.
Si on se place chez votre FAI ou sur votre machinbox, on n’observe donc qu’une seule communication établie en permanence avec votre fournisseur VPN, rien d’autre. Si cette communication est convenablement chiffrée, son contenu ne pourra d’ailleurs pas être lu.
Et le plus beau dans tout ça, c’est qu’en travaillant un peu le sujet, ça marche aussi sur des mobiles avec des connexions 3G, en attendant d’avoir des réseaux mobiles proposant du vrai internet.
Comme je le disais en début d’article, ce genre d’installation n’est pas à la portée de monsieur tout le monde. C’est là tout l’enjeu de la neutralité, elle est un fondement du réseau mais les masses connectées aujourd’hui ne peuvent pas y accéder réellement et n’en voient même pas l’utilité… « Tant que Facebook marche, tout va bien ! ».
Amis barbus, prions pour que les quelques parlementaires qui ont commencé à travailler sur le sujet réussissent à convaincre leurs collègues. S’ils n’y parviennent pas, nous devrons redoubler d’efforts pour produire de petits routeurs VPN plug&play à disséminer partout pour aider Mme Michu contre sa propre volonté … Comme la Freedom Box par exemple.
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