
On va changer un peu de sujet, et puis il faut bien alimenter le bazar, sinon, vous allez vous endormir.
Comme signalé il y a quelques temps sur twitter, j’ai (encore) arrêté de fumer. Cette fois ci, c’est la bonne, sisi, on y crois très fort.
Résumé des épisodes précédents
J’ai déjà (vraiment) tenté la chose deux fois. La première n’était pas très convaincante, à base de patchs qui m’ont surtout donné la gerbe. La seconde a duré quelques mois suite à un arrêt brutal après la lecture du bouquin d’Allen Carr.
Je suis retombé suite au classique excès de confiance en soi « c’est bon, je suis sevré, je peux en fumer une de temps en temps ». Et puis, de toute façon, Allen Carr il est claqué d’un cancer aux poumons, alors a quoi bon arrêter ?
Et puis, fin février, ça m’a pris comme une envie de pisser vers 16h, après le café/clope du goûter, j’ai laissé tomber. J’ai même pas terminé mon paquet de Drum, et je l’ai même pas jeté d’ailleurs.
Pour passer le temps pendant les crises de « je veux une cloooppppee » j’ai fais un peu d’introspection. Bon, hormis l’addiction physiologique à la nicotine, il y a quoi ?
Principalement des habitudes
- Les habitudes temporelles : je fume une clope en attendant mon train sur le quai. Je fume une clope en allant du métro au boulot. Je fume une clope parce que c’est le matin et que je viens de me lever. En gros, toutes les clopes qu’on fume parce qu’on a rien de mieux à faire.
- Les habitudes d’associations : je fume une clope parce que je bois un café, je fume une clope parce que je suis avec d’autres fumeurs et que c’est la pause clope, je fume une clope parce que je vais aller me coucher et que donc je pourrais plus fumer. En gros, toutes les clopes qu’on fume parce qu’on a pris l’habitude de le faire en même temps qu’autre chose.
- Les habitudes d’humeur : je fume une clope parce qu’il est 3h du matin et que j’attends qu’un imbécile aille appuyer sur un bouton pour redémarrer un serveur qui est planté et que le-dit imbécile ne semble pas pressé et que je sais que mon client va m’incendier. Je fume une clope parce que je suis coincé dans les bouchons et que ça me saoule.
En vérité, si vous êtes non fumeurs et que vous décortiquez pragmatiquement tout ça, vous aurez tendance à dire « c’est juste par habitude quoi ». Les fumeurs savent très bien différencier les petites variations qui accompagnent chaque clope 🙂
Après l’introspection, place à la prospective :
pourquoi je veux arrêter
- Parce que j’ai pas envie que mes enfants s’y mettent
- Parce que, dans quelques mois/années, lorsqu’on leur expliquera que « machin est mort parce qu’il fumait », j’ai pas envie de voir leurs petits yeux pleins de larmes implorer que j’arrête
- Parce que ça coûte une couille
- Parce que les assurances décès coûtent moins cher
- Parce que c’est handicapant quand on doit se trouver longtemps dans un endroit non fumeur
- Parce qu’un fumeur, ça pue
- Parce qu’il parait qu’on apprécie mieux la nourriture sans fumer
- Parce qu’il parait qu’on se sent mieux physiquement
Oui mais, pourquoi je continuerais ?
- Parce que si je fume plus, mes camarades fumeurs vont plus me parler et j’oserai plus aller prendre un café avec eux
- Parce que j’ai pas la moindre foutue idée de ce que je vais faire quand je serais en pétard et que j’aurai besoin de me calmer
- Parce que finalement, niveau pognon, je suis pas vraiment à plaindre en ce moment
- Parce que quand je pue, je me lave
- Parce qu’il faut bien crever un jour
Après 3 jours où j’ai probablement été infect avec beaucoup de gens, j’ai cogité aux substituts et je me suis dit que j’allais tenter
la cigarette électronique
Alors autant vous le dire tout net, c’est bien, mais on a l’air drôlement con avec ce truc la dans le bec. D’une part parce que ça ne fume pas tout seul dans votre main et qu’il suffit donc que quelqu’un vous regarde 5 secondes pour qu’il s’aperçoive que vous fumez un truc louche, mais surtout parce que c’est largement plus lourd qu’une cigarette normale et donc moins confort.
D’un autre coté, la conversation embraye immédiatement sur « c’est quoi, c’est comment, comment ça marche, … » et du coup, on peut se conforter dans son choix en répétant encore et encore tout le bien qu’on en pense.
Ça coûte entre 50 et 80 Euro à l’achat pour avoir un kit à peu près complet, double batterie, chargeurs USB & adaptateur secteur et quelques recharges.
Alors c’est comment
J’ai pas encore testé toute la palette de recharges possibles, il y en a trop, mais « tabac blond » c’est un peu comme une extra light, « tabac brun », c’est un peu comme une clope normale, et « menthol » c’est un peu comme fumer une extra light en mâchant un chewing-gum. C’est assez éloigné du gout des clopes menthol, en vrai.
C’est vraiment comme une vraie clope
Non. Celui qui vous assure ça est un menteur, mais :
- ça vous permet de doser vous-même votre absorption de nicotine
- vous pouvez continuer à jouer avec votre fumée
- vous avez toujours le petit pincement de fond de gorge (« hit ») lorsque vous respirez la fumée
- vous pouvez continuer le geste (perso, je suis entrain de le perdre, je tiens la chose plutôt comme une pipe)
- contrairement à la vraie clope, vous pouvez légalement « fumer » n’importe où (après, en pratique, vous n’êtes pas à l’abri d’un cassage de gueule en règle hein)
- mais surtout, exit les goudrons, monoxydes et compagnie
Mais y’a quoi dans cette merde ?
Une batterie avec une led au bout, généralement rouge, mais aussi bleue, pour bien montrer (de loin) aux gens que vous ne fumez pas.
Un atomiseur, simple résistance chauffée par la batterie.
Une réserve de liquide maintenue en place par une petite bourre blanche qui est en contact avec l’atomiseur et qui va donc vous fournir une fraction du liquide en suspension dans l’air à chaque bouffée. Ce n’est pas une combustion, ça se rapproche plus de l’aérosol qu’autre chose.
Du coup, on se questionne sur le liquide présent dans la réserve. Le gros des ventes actuelles est à base de Propylène Glycol, un alcool qu’on trouve en pharmacie pour pas trop cher (~10 € / litres) et qui est utilisé dans beaucoup de préparations alimentaires & médicales. Il est considéré comme non toxique par les autorités sanitaires.
On y trouve aussi de la nicotine et un arôme qui peut parfois être surprenant (menthe, pomme, mais aussi chocolat ou vanille …)
Ça sent le hack, ton truc
Evidemment, sinon, je ne vous en parlerais pas.
Les vendeurs de e-cigarette se gavent, ils auraient tord de se priver. 8 euro les 5 « culs de clope » qui doivent coûter quelque chose comme 10 centimes à produire. Ils sont vendus pour être chacun l’équivalent d’un demi paquet. En vérité, c’est plus un quart de paquet qu’un demi. C’est donc limite plus cher que les clopes « normales » et beaucoup plus cher que les roulées au Drum.
So, what do we do ? On remplit soi-même les culs de clope qu’on a déjà avec du propylène acheté dans les boutiques en ligne qui vont bien et qui vous proposent des dosages au p’tits oignons pour tous les goûts.
Du coup, une douzaine d’euro la fiole de 30ml qui vous durera facilement un mois, c’est vite vu.
Reste l’ennui de la petite bourre synthétique de votre recharge qui est en contact permanent avec la résistance de l’atomiseur et qui finit donc par sentir plutôt mauvais. Vous pouvez bien sûr en racheter des neuves régulièrement, mais des hackers se sont penchés sur le problème et ont récupéré de la tresse métallique inoxydable pour faire une recharge de compétition longue durée. Budget du hack : 15 euro.
Enfin, avant d’en arriver à faire soi-même ses mélanges, on peut déjà acheter des mélanges fortement nicotinés et les diluer avec du propylène de pharmacie, ça fait encore des économies.
Au final, on s’en sort donc pour un peu moins de 100 euro d’investissement au départ et un budget de fonctionnement situé entre 5 et 60 euro par mois en fonction de sa consommation et des méthodes choisies pour s’approvisionner.
Et, le top de la clââss du geek, le chargeur de clope USB, pour finir.

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