
Ça fait un bon moment que je veux documenter un brin le réseau IP / Téléphonie / Domotique que j’ai construit à la maison. D’une part parce que ça pourrait donner des idées à certains, mais surtout pour pouvoir le refaire au prochain déménagement sans y passer deux semaines. Et puis je l’ai promis il y a peu sur twitter, alors here we go !
Pour commencer, premier étage du réseau IP :
Profession dans les réseaux et astreintes obligent, il y a trois moyens d’accès au réseau à la maison :
- Une connexion ADSL Free 2Mbps non dégroupée reposant sur le réseau Orange jusqu’au data center Free de Bezons
- Une connexion ADSL FDN 2Mbps dégroupé reposant sur le réseau SFR jusqu’au Netcenter Courbevoie puis Téléhouse Voltaire à Paris
- Si vraiment c’est le bordel, une connexion à l’internet-pas-neutre-3G-SFR sur un netbook indépendant (vous aurez noté que question redondance j’aurais dû plutôt choisir Bouygues)
Les connexions ADSL sont supportées par deux lignes téléphoniques classiques ayant conservé leur proprietés RTC, on n’est jamais trop prudent en cas d’attaque en règle d’un pouvoir mégalo sur les réseaux ADSL. Deux modems RTC en état de marche sont par ailleurs à proximité, dont un est utilisé en tant que fax entrant.
Ces lignes ADSL sont respectivement gérées par une bonne vieille Freebox v4 en mode routeur et un modem routeur Linksys WAG120N qui sont connectés ensemble et utilisent le même sous réseau privé (192.168.0.0/24)
Le Linksys ayant la bonne idée d’avoir 4 ports à l’arrière, il y en a :
- Un pour aller à la Freebox
- Un pour le petit routeur maison
- Un pour une fonera 2200 pour partager l’internet qui va vite avec le voisinage au moyen d’une antenne patch (dite « fontena », à l’époque vendue une bouchée de pain avec la Fonera)
- Un pour une base téléphonique Siemens Gigaset C470IP qui a le bon gout de mixer la téléphonie analogique classique et la téléphonie IP (voir plus bas)
La Fonera sort par défaut vers FDN (rapport au fait que je préfère partager de l’internet neutre avec mes voisins), la base Siemens sort par défaut sur la Freebox, rapport au fait qu’il vaut mieux aller au plus court vers la gateway SIP de Free pour avoir une conversation potable.
Le routeur maison ouvre la voie au deuxième étage du réseau IP :
Il est constitué d’une petite boite fabriquée avec brio par PC Engine et embarquant une instance NanoBSD sur une carte compactflash. Pas de disque dur ou autre bidule mécanique, alim externe, le truc increvable.
Elle dispose de trois ports ethernet.
- L’un va vers l’étage décrit ci dessus pour discuter avec le Linksys et la Freebox pour sortir
- Le second va vers le coeur du second étage du réseau
- Le dernier ne va pour l’instant nulle part mais ça ne va probablement pas durer
On pourrait croire que le second étage est numéroté avec une autre classe d’IP privées. Eh ben en fait, oui (192.168.1.0/24), mais pas que. Si vous avez bien tout lu mon blog, vous savez combien je tiens à l’internet routable où tout le monde peut parler à tout le monde. Il y a donc des IP routables sur les 6 ordinateurs « importants » de la maison (le mien, celui de madame, celui des enfants, le synology de stockage, le mediacenter et le serveur-à-tout-faire).
Alors je pourrais avoir demandé à FDN de me router plusieurs IP sur la connexion ADSL, sauf que si FDN est down, je suis dans le noir, donc non. Le routeur PC Engine établi un VPN, via l’une des deux connexions ADSL, en fonction de leur disponibilité, vers les infrastructures de ma boite plus loin sur internet et ces infrastructures me remontent des IP routables jusqu’à la maison via le VPN. J’ai tenté pendant un temps l’agrégation de VPN pour profiter à fond du débit dispo, ça marchait bien tant que les ADSL étaient tous les deux stables, soit pas souvent dans notre belle région Axonaise.
Mais il y a également des IP non routables pour les choses moins importantes qui n’ont théoriquement pas besoin de discuter avec l’extérieur :
- le boitier ethernet-série branché via un petit montage home-made au compteur EDF servant à relever la conso électrique en temps réel
- la seconde Fonera dont le wifi a grillé et qui sert donc de passerelle avec le réseau domotique 1-wire
- la 3eme Fonera flashée OpenWRT qui me sert à pouvoir accéder en wifi à cet étage du réseau et qui n’a pas de SSID publique
- le HDHomeRun, petite boite magique de chez SiliconDust permettant de streamer en multicast 2 flux DVB-T (la TNT pour les non technophiles) et donc regarder la télé à peu près où on veut dans la maison, le tout avec un bête VLC. Je ne m’en sers jamais, mais madame apprécie.
- une sonde du projet Atlas du RIPE
- un téléphone SIP que j’allume quand je suis en congé et qui me permet de parler avec les gens au bureau rapidement en cas de besoin
Du coté applicatif ludique maintenant :
Le Synology embarque 4 disques dont trois sont montés en RAID5 et le dernier reste seul pour recevoir quotidiennement les backups de la partition RAID.
Les 5 ordinateurs tapent dans cet espace de stockage, en NFS pour les FreeBSD, en CIFS pour les Windows.
Inutile de vous dire donc que les CD ne voient pas souvent la lumière du jour chez nous. Ils sont tous passés à l’encodage dès qu’ils arrivent du magasin et vont aussitôt prendre la poussière sur l’armoire du salon. Nous avons encore quelques relents de fétichisme sur les objets qui nous poussent encore à acheter du plastique (sans compter le fait que ça coûte parfois moins cher que du MP3, même dans des boites qui font bien leur métier).
Même motif, même punition pour les films. Un enfant de 4 ans, ça éclate un DVD, par contre, ça peut pas faire de mal à un fichier stocké sur le réseau quand le partage NFS est en lecture seule. Les enfants maîtrisent fort bien la télécommande du mediacenter (Popcorn Hour C200 un bon truc de geek) et ont accès à une liste de film & dessins animés présélectionnés, sans risque de tomber sur Saw ou autre chose d’un goût douteux pour un jeune public. Les boites de DVD prennent donc la poussière à côté des boites de CD.
Mais ce gros cube est bien pratique car il sait aussi causer iTune en natif et, surtout, il sait parler avec un iPhone avec l’appli « DS Audio » qui permet de retrouver toute sa bibliothèque audio sur le téléphone, non seulement en local, mais n’importe où ailleurs où on a de l’IP (oui, même en 3G). C’est la principale raison d’être de l’IP routable de notre stockage d’ailleurs.
Il y a, dans l’écosystème local, une petite machine à base de carte mère VIA à basse conso qui discute avec tout ce petit monde et surtout avec le HDHomeRun (le truc à boitâkon si vous avez tout suivi) pour enregistrer l’émission que madame n’a pas le temps de regarder, le tout au moyen d’un petit script perl et d’une interface web minimaliste (chaîne, heure, durée, nom du fichier). Le script va directement sauver le fichier vidéo (.ts) sur le Synology.
Du coté applicatif utilitaires, ça se corse :
Cette petite machine ne sert pas qu’à enregistrer la boitâkon, loin de là. Elle est aussi connectée à un modem RTC (USR Sportster pour les nostalgiques), lui-même connecté à l’une des deux lignes de téléphone pour recevoir des fax pour ma boite (fallait bien qu’elle serve, cette seconde ligne).
C’est aussi elle qui va relever le compteur EDF toutes les 5 minutes pour faire un graphique de notre consommation et nous permettre de faire le télé-relevé sur le site EDF sans lever nos fesses.
C’est encore elle qui coordonne les backups entre les 3 disques RAID du Synology et le 4e disque, mais aussi (et surtout) entre le Synology et l’extérieur ou un espace de stockage (non, pas dans le cloud) garde au chaud et sous forme chiffrée et historisée tous nos fichiers capitaux (documents, photos, réalisation diverses…).
Coté domotique, à présent :
Mais surtout, c’est elle qui nous évite de geler l’hiver. Elle discute en permanence avec la Fonera n°2 (celle dont le wifi a grillé, vous suivez ?) qui est perdue au fond du sous-sol et qui, elle-même, discute avec un réseau de sondes actives et passives disséminées partout dans et autour de la maison via son port TTL, un convertisseur 1wire de chez ibuttonlink et un réseau filaire que, promis, dès que je construit une maison, je le cacherais mieux que ça !
La petite boite sait donc combien il fait dans chaque pièce et dehors, quand le jour se lève et se couche, et peut allumer ou éteindre les radiateurs.
J’ai toujours en projet de finir les sondes qui lui permettront de savoir quelle porte ou fenêtre est ouverte ou fermée et remettre en route mes détecteurs de mouvements pour optimiser au plus juste le chauffage en faisant en sorte que la chauffe s’adapte en fonction de l’heure moyenne constatée d’utilisation de la pièce, moments ou on aère, etc.
Et pour finir, la téléphonie
Même si moi je ne m’en sers que très peu, vous connaissez les femmes, elles en ont besoin. La base Siemens est donc programmée pour envoyer les appels via Free ou via Orange en fonction du numéro demandé ou de la disponibilité (ben oui, la téléphonie sur IP chez Free, en non dégroupé, souvent, c’est pas la joie). L’autre téléphone, actuellement éteint, se connecte à l’IPBX du bureau via un VPN lorsque j’en ai besoin.
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