Si vous êtes arrivé jusqu’ici, vous avez déjà théoriquement une idée assez précise de la manière de faire un FAI.
Avant de passer à la pratique, il faut envisager les solutions disponibles pour se relier à internet. Pour commencer, il faut évincer deux idées qui peuvent se faire passer pour des évidences quand on n’est pas dans le métier :
- la bande passante chez les opérateurs ne coute pas 1 euro pour 1Mbps (mais plutôt entre 5 et 100 fois plus cher selon les cas)
- mais fort heureusement, lorsqu’on vends a des particulier, nul besoin d’acheter tout ce qui est vendu. Autrement dit, pour s’en sortir financièrement, il faut pratiquer le surbooking.
Avant d’étudier le ratio bande passante par abonné de notre FAI, nous allons commencer par faire un petit tour de la question du très haut débit. Quels sont les acteurs qui, aujourd’hui, proposent plus de 100Mbps symétriques en matière de connexion Internet ? Il y en a beaucoup, en fait. Le principal problème étant qu’on ne les trouve que dans des datacenters.
Il faut, pour s’y rendre, utiliser un système de transport :
- soit un loueur de fibres qui vous livrera un lien entre le centre de votre petit FAI et un datacenter
- soit, si vous êtes géographiquement proche et que vous vous entendez bien avec le-dit datacenter, un pont wifi directement depuis le toit du bâtiment.
Le cout de la seconde solution est difficilement évaluable, le cout de la première est directement fonction de la distance parcourue, sur une base qui avoisine généralement 2€ par mètre et par ans, mais c’est surtout à la discrétion de la commune traversée, plus cher en milieu urbain, etc … Bref, du cas par cas. Ces opérateurs, pour les longs trajets, ce sont généralement les sociétés d’autoroute et RFF (propriétaire du réseau ferré français). Localement, une myriade d’opérateurs oeuvrent plus ou moins dans l’ombre. Ce sont généralement des sociétés privées bénéficiant de contrat de délégation de service publique (et donc de financement) pour exploiter un réseau à l’échèle d’une communauté de communes ou d’un département.
Il existe enfin des opérateurs qui proposent le transport et la connexion internet en un seul produit. Ça peut être une opération intéressante, mais il faut comparer. (Orange, Completel, …)
Il y a aussi et surtout un très gros cout de mise en service variant de 5 a 20000 euro par extrémités. Autant dire que c’est aujourd’hui hors de porté d’une petite association, mais si les pouvoirs publiques s’en mêlent, ça peut se digérer. Pour une association plus conséquente, 2 ou 300 adhérents, par exemple, ça donne environ 150 euro de mise en service par abonné pour obtenir un débit correct, c’est pas grand chose.
Il est aussi possible de faire appel au privé. Une entreprise locale a besoin d’une connexion fibre ? Elle est prête à payer la mise en service mais voudrait diminuer le récurrent ? Votre association paiera un bout de la fibre de l’entreprise pour pouvoir l’utiliser. A chaque bout, le trafic de l’un et de l’autre sera séparé et chacun se débrouillera pour rejoindre Internet par la ou ça lui chante.
Maintenant que vous avez le transport jusqu’à un datacenter, vous y trouverez plusieurs opérateurs. Le débit souscrit conditionne directement le prix unitaire du Mbps. Pour de petites quantité, 10Mbps, par exemple, vous aurez du mal a trouver moins de 20 ou 30 euro par Mbps pour quelque chose de convenable. Si on monte a 100Mbps, on descends tout de suite a un prix unitaire situé entre 10 et 15. Si on monte a 500, on se situe aujourd’hui entre 6 et 7.
Mais combien prévoir ? Aujourd’hui, pour citer le cas de FDN qui dispose de quelques 120 lignes ADSL actives a ce jour, la consommation globale facturable par un opérateur est de moins de 20Mbps, soit environ 170Kbps par abonnés. Longtemps, les grands FAI nationaux n’ont prévu que 50Kbps par abonné sur leur réseau, la tendance est à la hausse avec l’évolution de la consommation et les vidéos, mais on reste très loin des 30Mbps promis a tout le monde avec l’ADSL2+.
Le plus simple reste encore de trouver un fournisseur de transit qui accepte de vous prendre à l’essai (ou avec une limitation maxi de la conso pour ne pas exploser la facture), puis de négocier le tarif une fois que le profil de consommation a été déterminé.
Et tant que la masse critique n’est pas atteinte, si vous n’avez pas de datacenter ou de fibre utilisable à proximité, vous serez encore contraint d’empiler les modems ADSL, en attendant mieux.
Pour poursuivre, nous aborderons ensuite un cas concret de FAI local utilisant des connexions wireless.
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