Je vous parlais dans le billet précédent de la coquette quantité d’énergie nécessaire pour faire fonctionner un datacenter, mais tous ces électrons ne servent à rien si votre bâtiment ne sait pas communiquer. C’est pourquoi, un datacenter accueil généralement au moins deux terminaison de fourreaux optiques qui arrivent, dans les zones urbaines, par les égouts.

Ces fourreaux contiennent un tas de câbles et dans ces câbles, plusieurs centaines de fibres optiques. Ci-contre, un tout petit câble (comparé à ce qu’on peut trouver ailleurs) qui dessert un immeuble parisien via les égouts.
Ces fibres peuvent virtuellement aller à tout un tas d’endroit, puisque, tout comme on peut mettre un domino sur un câble électrique pour le relier à un autre, on peut couper une fibre et la souder à une autre. Ainsi, si une fibre à été tirée entre Paris et Marseille, on peut éventuellement, plus tard, la couper a hauteur de Lyon pour la rabouter à une autre. Ce sont des opérations plus couteuse que l’ajout d’un simple domino sur un fil électrique, mais ça se fait souvent.

Ces opération de soudures se font par l’intermédiaire de boites d’épissures qu’on trouve un peu partout, aux endroits ou plusieurs fibres se croisent, ce qui permet de créer virtuellement n’importe quel chemin à partir de fibres descendues sous terre.
Tirer une fibre sous un trottoir ou même dans un champ, ça coute très cher. Entre 5 et 20 euro du mètre selon les technologies employées et les conditions. Si les opérateurs essaient d’utiliser de façon intelligente les ressources disponibles à l’extérieur des bâtiments à cause du cout, il en va autrement dans les datacenter ou tirer une fibre ne coute presque rien.

Eh oui, dans un datacenter, les fibres, on les met sur des porte-fibre ou dans le plancher. Il suffit d’attraper un bout, de le mettre dans le chemin, puis de tirer. En une demi journée de travail, vous pouvez tirer plusieurs kilomètres de fibre si le bâtiment est bien fait.
Pas étonnant, du coup, que les locataires de ces bâtiments ne cherchent pas a réutiliser l’existant et tirent de nouvelles fibres sans se demander si par hasard une autre ne serait pas déjà en place et inutilisée. C’est ainsi qu’on en arrive aux idioties du genre de celle qui à obligé dernièrement l’un des datacenter historique français à créer des passe-câbles au plafond parce que leur faux-plancher, de 60cm de haut, était plein.
Pour contraster avec les photos de datacenter bien rangés, en voici une petite prise au coeur de l’internet français. Parfaitement Madame, lorsque vous naviguez sur Internet, il y a 9 chances sur 10 pour que les informations que vous voyez sur votre écran aient traversé ce bordel innommable.
Pour lutter contre ce qu’on pourrait qualifier de fléau des temps modernes, la plus part des datacenter interdisent à leur clients de tirer eux-même des câbles dans le bâtiment et facturent mensuellement chaque câble tiré par un de leur client, parfois même, ils facturent aussi la prestation au client qui se trouve de l’autre coté du câble.
Et pour imiter ce qui se fait en matière de soudure à l’extérieur, le principe de « meet me room » (MMR) à été inventé. L’idée est donc, dans un même bâtiment, de ne pas autoriser deux personnes à avoir un câble direct entre elles mais leur imposer, a chacune, d’avoir un câble vers un endroit donné du bâtiment (la fameuse MMR), puis, de faire établir un lien entre ces deux câbles. De fait, lorsqu’un câble devient inutile, il peut être immédiatement recyclé pour se connecter à quelqu’un d’autre, il suffit de changer le lien qui se trouve dans la MMR, qui ne fait rarement plus d’une poignée de mètres de long.
Pour finir, les fameux liens finissent généralement leur vie dans un tiroir optique qui est installé dans la baie ou se trouve l’équipement qui doit être branché en bout de fibre. Une fois le tiroir complètement équipé, on le ferme et on n’y touche plus, histoire de ne pas casser les fibres.
Je vous parlerais peut-être un jour des équipements qui sont en bout de fibre, mais ça n’a plus grand chose à voir avec les datacenter, ce sera donc une autre série.
Pour la prochaine de celle-ci, je vous parlerais probablement du froid et des canards.
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