Je titrais le 25 août, « Restez stupides, c’est important !« , en parlant des idées de l’ancien patron d’Orange à propos des capacités cognitives de ce qu’il pourrait appeler « l’internaute moyen ».
Force est de constater qu’il n’y a pas que les pro-filtrage-hadopi-dpi-gros-industriels-bourrés-de-pognon qui veulent à tout prix que la population ne s’approprie pas la connaissance permettant d’exercer habilement son libre arbitre.
Electron Libre a publié samedi les propos de Valéry Dury (avocat partie prenante dans le projet SOS-Hadopi). C’est sans doute une citation tirée d’un discours plus long et plus étayé, mais c’est quasiment la même chose :
On s’adresse à une population de consommateurs qui ont des ordinateurs à la maison. Ils sont des millions et ils ont pris un certain nombre d’habitudes sans pour autant savoir si elles sont légales ou pas. On fait porter sur un individu une responsabilité qui le dépasse. L’internaute lambda ressemble à un client qui se promène dans un supermarché avec un caddie. Personne ne lui dit : cet article est légal, mais celui-là ne l’est pas. On le punit après la consommation. Est-ce à l’internaute lambda de se préoccuper de savoir si c’est légal ou pas ?
Alors oui, je suis d’accord sur le fait que la culture générale en matière de technologies et de discernement sur internet est un gouffre et qu’il est urgent d’y remédier, j’essaie justement d’apporter ma petite pierre à l’édifice avec ce blog, mais ce n’est pas rendre service que de prétendre que ce n’est pas à l’internaute de savoir ce qui est légal ou pas.
Ça parait assez vieux jeu, mais nul n’est censé ignorer la loi, et la loi est plutôt simple sur ce coup la, quand l’auteur d’une oeuvre n’a pas indiqué ouvertement et de façon claire « cette oeuvre est librement copiable et distribuable » (comme sur ce blog, à quelques restrictions près), elle ne l’est pas, point barre. Il ne faut pas non plus persister dans la voie qui consiste à dire que la population est globalement constituée d’imbéciles ou d’enfants sages, purs, innocents et irresponsables.
Tout le monde sait très bien que les CD vendus dans le métro sont des copies illégales, que les archives vidéo de MegaUpload n’ont pas été constituées par les majors et que le mec derrière son client peer2peer avec l’intégrale de Johnny téléchargeable gratuitement n’est pas Jean-Philippe Smet ni même son producteur.
Les questions sont de savoir quelle(s) méthode(s) employer puisque celle proposée pour/par HADOPI n’est manifestement pas la bonne, s’il est possible d’inventer un autre modèle économique pour la frange d’ayants droits qui se disent lésés aujourd’hui, et au global, de trouver des solutions. (oui, je sais, « tous des salauds », « ils écoutent pas », « ils veulent que notre pognon », mais après avoir gueulé on se pose pour réfléchir ou bien on continue à faire du bruit pour faire du bruit pendant qu’ils nous bouffent nos libertés ?)
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