
Les labs, c’est très long à mettre en place, pour l’instant par manque d’outils, ce qui devrait se résorber bientôt puisque j’ai couiné auprès de la haute autorité idoine pour obtenir une machine sur laquelle mon ami @soudoplatoff et moi pourrions laisser libre cours à nos délires d’outillages en attendant d’avoir la plateforme officielle. C’est le projet 1x4x, je vous en dirai plus très bientôt, la machine est arrivée en milieu de semaine.
En attendant, les emails commencent à circuler entre les gens tournant autour des labs et j’ai enfin réussi à répondre partiellement à une grande question qui me taraudait depuis un bon moment, à savoir :
Tous nos hommes politiques prennent-ils ces décisions tant décriées en pleine connaissance des tenants & aboutissants ou bien sont-ils juste mal conseillés ?
Attention, je ne prétends pas qu’il n’y a qu’une seule réponse à cette question, mais j’ai discuté depuis quelques jours avec quelqu’un qui est semble-t-il l’un des référentiels technique d’une partie de notre classe politique et avec lequel j’ai quelques divergences de point de vue, du coté philosophique (mais ça, on n’y peut rien) mais aussi et surtout du coté technique, et ça, c’est plus embêtant, les principes techniques étant binaires, « c’est ça » ou « c’est pas ça », mais ça ne peut pas être les deux.
Et du coup, de fil en aiguille, j’ai confirmé ce que je pensais : quand un homme politique doit prendre une décision impliquant une quelconque technologie, il cherche conseil auprès d’une référence en la matière. Sauf que dans notre petit monde de l’internet qui va vite, les personnes qui font référence sont rarement politiquement correctes.
De fait, si la personne auprès de qui le conseil est pris ne met pas le doigt sur le fond technique du problème, l’homme politique conseillé ne le pourra pas plus. Ceci, bien sûr, sans préjuger des compétences de la personne dont je parle plus haut, je n’entends pas poser de jugement qualitatif sur une personne en me basant sur quelques mails échangés.
Tout ceci rejoint encore une fois les labs et l’éventuel Conseil National du Numérique, ou « comment mettre un peu de politiquement correct chez nos amis geeks pour qu’ils soient abordables par les hommes politiques » ou encore « comment distiller un peu de geek-attitude chez nos hommes politiques ».
Alors bien entendu, il n’est pas question de faire adopter halflife à notre premier ministre pour qu’il frag avec bonheur toute la nuit, mais (attention, analogie moisie) de la même façon qu’il convient de savoir changer une roue et contrôler le niveau d’huile du moteur de la voiture qu’on conduit, il est grand temps que les personnes qui conduisent le pays apprennent les connaissances vitales minimales à propos d’internet pour ne plus commettre, à l’avenir, de boulettes légales.
Du coup, après avoir formé mes camarades experts pilotes de labs qui en ont besoin aux bases du crowdsourcing et des outils collaboratifs, j’ai en projet de tester une formation aux bases du net sur le collège d’HADOPI pour qu’ils essuient les plâtres pour, ensuite, la proposer de façon plus large à notre classe politique.
Il existe un grand problème de fond dans tout ça. A supposer que le sujet intéresse suffisamment les gens pour qu’ils viennent, lorsqu’on est une « personne publique », il est difficile d’avouer son ignorance ou ses erreurs. En tout cas, ces temps-ci, peu le font.
Je sais que l’opinion publique est généralement méchante et que les journalistes n’aident pas, mais par pitié, un peu d’humilité, acceptez le fait que vous vous soyez plantés par le passé en mettant en avant le fait que vous souhaitez vous rattraper, et vous verrez, la communauté dans sa globalité finira par être enchantée de vous apprendre tout ce qu’elle sait, et probablement même sans bourse délier.
Et si l’idée ne vous enchante pas, je vous promet qu’on peut quand même vous remettre discrètement à niveau si toutefois vous faites le premier pas.
Ça ne vous aura pas échappé, tout ceci sort très largement du cadre de la mission des labs, mais ce qu’il y a de bien avec ces labs, c’est qu’on peut faire ce qu’on veut à coté et que j’entends bien faire exactement ça (en plus du reste).
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