On me signale qu’un petit topo serait le bienvenu au sujet du troll lancé ce matin par SFR à propos du CDN qu’ils comptent proposer à la vente sous peu. Je ne prétendrais pas connaitre la teneur des discussions du second troll du jour qui concerne l’internet par Orange et Google, celui-ci semble légèrement différent. On attendra d’en savoir plus avant de médire, mais on sait déjà qu’il existe internet, le vrai, celui qui va vite et où il y a tout, et internet par Orange, celui où il manque des morceaux mais où on peut voir des jolis dauphins ouaaaahhh !!
Donc, quelle est l’idée de base de l’affaire SFR (non, hormis qu’ils savent pas faire, je veux dire) ? Il s’agit de rapprocher les contenus les plus demandés des abonnés eux même. Rapprocher au sens réseau du terme. Concrètement, mettre une copie des 0.001% de vidéos youtube les plus demandés dans chaque noeud principal du réseau d’un FAI. Du coup, au lieu de remonter à Paris, voire de traverser la Manche ou même l’Atlantique, le trafic fera, au pire, Toulouse-Montpellier-Toulouse pour un abonné toulousain.
Techniquement, c’est une usine à gaz monstre, mais économiquement, ça a du sens. Observons à présent le côté « neutralité » de l’affaire. Pour que ce soit neutre, il faut, en gros, que tout le monde soit logé à la même enseigne.
C’est à dire qu’il faut, d’une part, que l’offre soit inscrite au catalogue pour que chacun puisse savoir qu’elle existe et il faut également permettre à n’importe quel diffuseur de contenu d’accéder à cette infrastructure d’hébergement répartie pour un coût prédéfini et abordable, probablement dépendant de l’espace de stockage nécessaire et un peu aussi de la consommation globale sur l’infrastructure.
La où ça devient amusant, c’est qu’il me semble qu’en matière de service d’hébergement, les obligations ne sont pas les mêmes qu’en terme de gestion de réseau. Il est donc fort possible que Monsieur SFR ne se sente pas réellement obligé de construire une offre adaptée à toutes les bourses et crée, de facto, une atteinte à la neutralité, puisque Google ou Facebook pourront, sans trop de soucis financiers, se payer ce genre d’extra, contrairement au petit éditeur de contenu qui risque de voir arriver la facture à 5 ou 6 zéros d’un mauvais oeil.
En bref, en théorie, pas d’atteinte à la neutralité, en tout cas pas de la neutralité du réseau. En pratique, SFR fera très probablement en sorte de verrouiller un maximum son offre ou d’imposer un ticket d’entrée tellement énorme que seuls quelques gros y mettront les pieds. Ceux qui parmi vous ont déjà tenté de joindre un commercial SFR pour obtenir un devis puis ont réussi à obtenir la prestation savent qu’il est plus simple (et souvent plus rapide) de construire soi-même sa propre maison.
Mais l’un dans l’autre, c’est pas bien grave, puisque si le trafic en provenance de Youtube dégage des grandes dorsales des réseaux opérateurs, ça fera de la place à tout le reste.
Et puis, au final, est-il encore besoin de démontrer que l’internet centralisé, qu’il soit géré par SFR ou un autre, c’est mal ?
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