C’est de nouveau à l’ordre du jour, notre gros menteur de premier ministre ayant affirmé qu’il serait une réalité en 2030.
Le « Grand Paris ».
De quoi s’agit-il ? Principalement d’un gros plan de réaménagement des transports en commun (dont vous pouvez consulter un projet, peut être pas l’actuel et encore moins le définitif, mais ça donne une idée, ci-contre)
Le prix de tout ça pour le contribuable ? On sait pas bien. Un coup 20 milliards, un coup 30, certains disent 50 … Bon, disons 30. Il doit y avoir dans les 12 millions d’habitants en Ile-de-France, donc à la louche, ça fait 1600 euro par tête, déjà.
Les transports en commun, je connais un peu, j’y passe à peu près 60 heures par par mois.
A quoi va servir ce gros machin autour de Paris ? A relancer l’économie. Sisi. Les gens qui peuvent se déplacer vite-vite d’Aulnay sous Bois à La Défense, c’est bon pour l’économie. Bon, on imagine que le touriste qui peut faire vite-vite Orly – Roissy c’est encore mieux pour l’économie de la région. Ou pas.
Cessons de nous moquer, c’est vrai qu’il manque une offre de transport de banlieue à banlieue, parce-que le bus, c’est gonflant, lent et pas fiable. Mais si on cogite un peu plus loin, quel est l’impérieux besoin qui pousse les gens à aller de Bobigny à Saint Denis tous les matins ? Leur emploi, bien entendu. Un emploi qui, pour beaucoup, a été une galère infâme à trouver et qui, pour certain, est un cauchemar permanent qu’il faut endurer pour pouvoir se nourrir et mettre un toit au dessus de la tête de sa famille.
Ces gens déjà pas gâtés par la vie se tapent, en prime, une heure de transport dans des conditions déplorables pour aller d’une banlieue pourrie à une autre banlieue pourrie faire un job qui les gonfle.
La solution est donc d’endetter 12 millions de gens à hauteur de 1600 € chacun pour leur permettre de passer 15 minutes de moins dans les transports dans des conditions un peu moins pourries (les 5 premières années, grand max), pour aller d’une banlieue pourrie à une autre banlieue pourrie pour faire un job qui les gonfle.
La belle affaire.
Enfin surtout pour les gens qui sont propriétaires de terrains autour des nouvelles gares qui vont être crées, les boites de BTP et 2/3 parasites bien placés qui ne vont pas manquer de détourner quelques millions au passage, en fait. Pour les autres, ils auront juste perdu 1600 € (plus les intérêts, on doit être autour de 5000) pour peut-être gagner 15 minutes par jour, qui seront probablement passées à dormir ou à travailler. Pour ceux qui aujourd’hui prennent leur voiture, je vois pas pourquoi soudain ils auraient une folle envie de prendre les transports en commun, à part pour les quelques rares qui vont habiter à coté d’une gare du bidule et travailler à coté d’une autre.
Avec 30 milliards, on pourrait fibrer la totalité de la France et peut être même la Belgique en ne dépensant pas comme des abrutis.
Mais surtout, avec 30 milliards, on pourrait :
- développer le télétravail en commencent par convaincre les plus gros employeurs que c’est bon pour eux
- démonter la défense pour obliger toutes ces boites à ne plus s’agglutiner comme des moules
- soutenir des entreprises (jeunes et moins jeunes) dans leur envie de créer de l’emploi
- ou bien ne serait-ce qu’encourager l’entreprenariat local pour recréer des possibilités d’emploi la ou il n’y en a plus, des emplois qui plaisent aux gens qui les font
Parce que finalement, il est là, le coeur du problème, messieurs les politiques habités par la folie des grandeurs : savoir pourquoi on se lève le matin.
Si on peut trouver un job qu’on aime à coté de chez soi, tant mieux, mais même s’il est loin, se taper 3h par jour dans les transports, quand on a un métier qu’on aime, ben ça se fait très bien.
Mais pour ça, il faut un métier qu’on aime.
Je vais vous laisser, faut que j’aille me coucher, je dois me lever a 6h15 pour prendre le train de 7h09 pour être à 8h40 au boulot.
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