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Le monde avant internet

6 novembre 2010 1 169 vues 3 commentaires
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[Billet initialement publié par Tancrède sur son blog. Licence CC-BY. Internet n’était pas du tout virtuel dans les années 90, en tout cas pas chez moi, mais j’imagine que pour le gros de la population internaute d’aujourd’hui c’était le cas]


Crédit photo : Dan Brady (flickr)

Aussi incroyable que cela peut paraître aux nouvelles générations, le monde n’a pas toujours eu l’outil Internet à sa disposition. Il fut un temps, pas si éloigné, où une bibliothèque d’Alexandrie virtuelle passait pour de l’utopie, ou de la mauvaise anticipation futuriste.

Ce temps est si peu éloigné que tout les trentenaires d’aujourd’hui l’ont connu, bien que l’on peut avoir l’impression que cela remonte à plus longtemps. Signe, probablement, que l’Internet est entré dans nos vies et dans nos cœurs comme un nouvel ami ou nouvel amour peut le faire.

Pourtant, dans les années 90, l’Internet faisait le plus souvent sourire : à cette époque, l’Internet c’était le virtuel. Et rien que cela; du virtuel.

Le véritable essor de l’Internet a commencé aux début des années 2000, avec une forte accélération à partir de 2005.

Petite chose à garder à l’esprit : en 1995, nous étions loin de tous avoir un téléphone portable. A cette époque là, lorsque nous voulions téléphoner à quelqu’un, il fallait le plus souvent le faire de chez soi. Ça peut paraître bête dit comme cela, mais cela supposait deux choses : il fallait être chez soi pour téléphoner; et il fallait que la personne contactée soit chez elle pour répondre. Et je n’ose évoquer qu’à cette époque les répondeurs n’étaient pas choses aussi courantes qu’aujourd’hui. Quant aux appels en absence… vous n’étiez pas chez vous quand le téléphone sonnait ? Et bien vous n’étiez pas chez vous, voilà tout – ce qui avait un certain charme et utilité malgré tout (l’hyper-disponibilité à ses limites).

De nos jours, en 2010, l’Internet est partout. Il devient un réflexe pour de plus en plus de citoyens pour des actions qui, il y a quinze ans, étaient impensables.

Vous deviez vous rendre à un endroit précis, mais vous ne saviez pas comment vous y rendre ? Cela se résumait souvent par deux tâches : dégrossir l’itinéraire à l’aide d’une carte en papier plus ou moins précise et plus ou moins à une échelle correcte (il n’y a pas de zoom sur une carte de France en papier); et une fois « sur place », c’est à dire dans les environs de votre lieu de rendez-vous, il fallait demander sa route aux passants.

Quand votre esprit était, disons, intrigué par un nouveau sujet, il y avait à cette époque que deux grandes possibilités : attendre que la télévision ou la radio en parle, ou se procurer un ouvrage sur le sujet soit dans une bibliothèque soit dans une librairie. Autant dire, que nos cerveaux endormis par les tâches trop répétitives du travail quotidien ne trouvaient que peu l’occasion d’assouvir leurs curiosités.

A cette époque, apprendre c’était allumer le poste de télévision ou de radio. Un politique pouvait bien vous raconter ce qu’il voulait, la seule façon de savoir s’il vous menait en bateau ou non, était de faire des recherches sur le sujet. Je veux dire des recherches au sens universitaire du terme. Ce qui veut dire que les informations nécessaires pour connaître la réalité des propos du politique étaient inaccessibles aux plus grand nombre, et quand elles l’étaient, le temps de réunir les informations et, non pas qu’on ne se souvenait plus de la question, mais nous étions passé à autre chose.

Si personne ne venait contredire le politique dans une autre émission télévisuelle, les propos restaient en l’état. Il y avait bien les journalistes pour faire des recherches, des enquêtes, mais le citoyen n’avait absolument aucun moyen de vérifier un message, une information, un chiffre… Je ne dis pas que le citoyen le fait aujourd’hui, je dis qu’hier il ne disposait pas des outils lui permettant de le faire, dans un temps et un effort proportionnés.

La vie des consommateurs a aussi changé. Non seulement il est devenu possible de mieux connaître les entreprises (surtout leurs différentes filiales…), non seulement il est possible de mieux connaître les produits, mais en plus on peut avoir une idée assez précise de ce qu’on va acheter. Hier, si personne dans votre entourage n’avait acheté, ou eu vent de quelqu’un qui a acheté le produit que vous désirez, vous n’aviez aucun moyen de savoir à quoi vous attendre : c’était la surprise, bonne ou mauvaise.

Il y aurait bien des exemples à écrire, des anecdotes à raconter, mais il me semble que la différence fondamentale entre le monde d’hier et le monde d’aujourd’hui est bien cette bibliothèque d’Alexandrie et sa facilité d’accès.

Je ne me rappelle pas, enfant, imaginer qu’une telle chose fut possible. Je ne souhaite pas, adulte, qu’une telle chose soit impossible.

3 Comments »

  • mosquito said:

    « Je ne me rappelle pas, enfant, imaginer qu’une telle chose fut possible. Je ne souhaite pas, adulte, qu’une telle chose soit impossible. »

    Très belle phrase, et tellement vraie. Bravo.

    Excellent article. Pour les souvenirs, on pourrait en écrire des tonnes.
    Mais chuttt… nos enfants nous prendraient pour des dinosaures !

    Note d’humour : comment, l’auteur ne connaissait pas les cabines téléphoniques ?… avec les temps d’attente, que la bavarde qui occupe le combiné veuille bien terminer ses commérages alors que j’ai un coup de fil professionnel urgent à passer, et que je suis sur la route, à des bornes du bureau ?

    arf….

  • Sniperovitch said:

    Sans même parler d’internet, j’ai encore en mémoire nos rendez vous à heure fixe à la sortie de métro.
    Avec une tolérance de 15 minutes pour attendre les autres. Et oui on n’avait pas les téléphones portables pour se retrouver dans un bistrot :)

  • tanéléo said:

    Un petit mot pour te dire que mon site a changé de nom de domaine, donc le lien n’est plus le bon (il y a juste le domaine qui change, le reste est OK).

    Sinon pour l’aspect virtuel, c’est un qualificatif qui revenait très souvent à l’époque lorsque les médias parlaient de l’Internet pour le grand public.

    @ mosquito,

    à vrai dire j’ai un peu hésité à évoquer les cabines. Et il est vrai qu’elles ont bien disparu du paysage urbain en quelques années avec l’arrivée des téléphones portables. Téléphones qui étaient un peu regardés bizarrement à l’époque : « Quoi ? se trimbaler avec un téléphone ? Mais pourquoi ne pas se trimbaler avec un frigo pendant qu’on y est ! » ;-)

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