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Look out ’cause here we come

12 mai 2020 258 vues un commentaire
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Crédit photo : liako

On se plaignait déjà depuis un bon moment que le monde allait trop vite. Je ne sais pas combien d’entre les lecteurs de cette prose ont tenté de rester accrochés aux wagons ni combien ont tenter d’imaginer les scénarios possibles pour demain, la semaine prochaine, l’été, l’année prochaine ou dans 10 ans.

J’ai essayé. J’abandonne. Mais dans la bataille j’ai réussi à attraper un truc. A priori pas le COVID, mais une certitude. Certains diront que je me suis autoradicalisé, d’autres que je délire. Certains se battront contre, la majorité restera accrochée à l’espoir de voir revenir hier, that’s life.Si l’effondrement n’est pas économique, il sera sociétal. S’il n’est pas sociétal, il sera climatique. S’il n’est pas climatique, il sera biologique.

Oh non, pas tout en même temps paf comme ça un lundi matin comme ta semaine te tombe généralement sur la gueule. Ce sera plus vicieux, tu t’en rendra même pas compte. D’ailleurs, tu t’es rendu compte de rien avant début mars, pas vrai ?

Face à ça, tu fais quoi ? Tu va faire quoi ?

Korbak se posait la question un peu plus tôt dans la soirée (c’est par ici). Je vous fais un résumé de son billet si vous êtes en mode TL;DR (Too Long, Didn’t Read) : s’intéresser à l’autre et ne plus voir ce qu’on fait comme une fin mais comme un moyen. Ça me semble une fort bonne base et, sans l’avoir formalisé si bien que lui, ma vie me mène à cette même conclusion.

Mais ça ne suffit pas.

Je vais vous saouler un peu avec deux histoires.

D’abord celle de Laura et de Noémie

Elles qui ont, en quelques jours, mis sur pied un palliatif à la fermeture des marchés dans les environs de chez elles. Affichant et racontant à qui voulait l’entendre qu’il s’agissait d’une activité temporaire, bénévole, le temps que la situation s’améliore.

Mais la situation ne s’améliore pas, et même si la majorité des marchés du département devraient rouvrir cette semaine, bon nombre de gens n’y mettrons pas les pieds avant un moment. Par peur de la contamination principalement. J’imagine qu’elles en sont arrivées à la même conclusion et que, souhaitant continuer l’aventure, ont réfléchi à la création de quelque chose qui ressemble à un modèle économique un minimum soutenable. Pas pour devenir les reines de l’AMAP mobile, se payer un yacht aux Baléares et vitrifier la concurrence. Non, juste pour pouvoir bouffer en faisant un truc utile. Ou peut être simplement remplir le réservoir de la bagnole.

Eh ben ça n’a pas manqué, quelques vipères les accusent d’avoir monté l’opération de toute pièce avec la ferme intention de profiter du COVID pour s’enrichir. Elles préparent des de cagettes de provisions dans leur cuisine et vont ensuite cramer du gasoil pour l’amener chez des personnes isolées. On a vu mieux comme plan diabolique pour devenir riche sur le dos des gens non ?

« Ouaaaaiiis mais elles font du greenwashinglike, elles ont dit que c’était social et solidaire et en fait c’est surtout solidaire de leur porte monnaie ». Eh ouais, c’est pour ça que généralement on met économie devant sociale et solidaire. C’est pas parce que le pognon va souvent aux mêmes que dès qu’on parle de pognon c’est forcément sale. La solidarité, c’est pas sans contre partie. Tant qu’on aura pas, collectivement, décidé d’une meilleure façon de créer et détruire l’argent que par le crédit actuel, faudra vivre avec. Si je trouve assez de gens à qui je peux rendre service pour qu’il me rende service également et que ça me suffit à construire ma vie, la disparition de l’argent ne me posera aucun problème. En attendant, il en faudra un peu.

Et un bout de mon histoire

Toutes formes confondues (SARL, asso, SAS, SCIC, GIE, …) j’ai du créer ou co-créer environ une « personne morale » par ans depuis que j’ai l’age légal pour le faire. Certaines existent encore d’autres non. Certaines ont produit un ou plusieurs trucs d’autres non. Certaines ont changé de but en cours de route d’autres non. Certaines me supportent encore d’autres voguent sans moi.

Certaines, de par leur forme, sont réputées « lucratives », d’autres, « sans but lucratif », mais en réalité, elles ont toutes un point commun : pas une n’a pour but l’enrichissement personnel au dépend d’autres gens. Et si je devais définir la lucrativité, ce serait précisément ça. Parce que ta recette, c’est la dépense d’un autre. Si tu met plus que ce dont t’as besoin dans ta poche, tu vole. Ouais, je sais, je suis un vil extrémiste.

Du coup …

Pourrait-on se mettre d’accord sur le fait qu’il y a, en ce bas monde, deux façon de voir son prochain : la bonne qui consiste à le considérer comme un autre soi et la mauvaise qui consiste à le considérer comme une ressource ?

Partant de là, peut-on considérer que ceux qui considèrent les autres comme une ressource, on arrête de leur parler, d’échanger avec eux, de se comporter vis à vis d’eux comme ce qu’ils voient en nous : une ressource ?

Ouais, je sais, la nature humaine, tout ça. J’y crois pas une seconde, c’est du même niveau que de tenter d’excuser un violeur parce que « quand même elle avait une jupe super courte ». On est ce qu’on veut bien être, et on a le droit de décider qu’on sera pas (ou plus, le repentir, ça existe) une raclure et d’agir en conséquence.

Ouais, je sais, un entrepreneur qui a réussi il crée des emplois blaaaah blaaaaaaah. Je ne crois pas non plus à la théorie qui dit que « les gens sont trop cons pour savoir quoi faire sans qu’on leur dise ». Ils ont été éduqués comme ça. Depuis des centaines d’années. Il faut juste changer le disque.

J’ai illustré tout ça sur l’axe du pognon parce que c’est simple à intégrer, mais ça marche avec tout le reste aussi hein,  par exemple avec le trafic d’influence politique qui me semble pas loin de se hisser en seconde position au palmarès des raclures.

Je n’ai pas encore de recette magique pour faire le tri. Si ça ne tenait qu’à moi, je me sens vraiment pas loin de devenir un ayatollah de la transparence financière totale et permanente. Tout en travaillant à la rééducation générale selon un principe qui peut paraître tout con : OUI, TU PEUX. JUSTE FAIS LE. (traduit ces deux phrases en anglais pour découvrir le placement de produit qui m’a rapporté … ah ben pas un radis !)

Mais je sais aussi que ça ne peut pas être si simple que ça …

 

Take care !

One Comment »

  • Touki said:

    Je vois 2 placements produit dans la traduction :

    « Yes, we can » Barrack O. + « Just do it » marque virgulée.

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