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Notre fille nous a coupé Internet !

27 août 2010 477 vues 8 commentaires
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« Sales mômes, tous les mêmes ! ». Eh bien non, justement, elle est plutôt moins idiote que la moyenne. Enfin, tout est relatif, et mon point de vue n’est nécessairement pas objectif puisque c’est ma fille.

Dans un sens, elle me ressemble. Je n’étais pas mauvais en classe, mais pas excellent non plus, juste ce qu’il faut pour avancer. A son âge, je piratais les messageries d’entreprise proposant des numéros gratuits à leurs salariés pour pouvoir discuter gratuitement avec mes amis depuis des cabines téléphoniques pendant les grandes vacances, je programmais en GFA Basic sur Atari, la découverte des communications entre ordinateur via les réseaux fut une révélation et je faisais déjà des nuits blanches devant le clavier alors que je n’avais pas encore passé le brevet des collèges.

A l’époque, bien sur, mes parents ne savaient presque rien de tout ceci, étant encore occupés à se demander si les jeux de rôle que je pratiquais parfois le weekend étaient vraiment des activités saines pour mon esprit et mon corps.

Ma fille, elle, n’est pas tombée dedans quand elle était petite, malgré « l’ordinateur des enfants » qui a été installé dans le salon alors qu’elle avait à peine trois ans. Tant pis, chacun sa route. A défaut de curiosité sur le « comment ça marche à l’intérieur », elle maitrise parfaitement l’utilisation des engins numériques avec lesquels elle est née. Il y a 10 ans, en 2010, on me disait que je faisais partie de la « génération Y« , j’imagine donc, qu’elle, elle est de la « génération Z », celle qui, à 2 ans, savait déjà utiliser un iphone.

Elle a 14 ans, et elle a à peu près intégré dans sa petite cervelle d’ado que pirater, c’est pas bien, mais elle a aussi très bien entendu son père pester contre les majors moribonds qui continuent à vouloir faire croire à qui veut bien l’entendre que le piratage est le mal qui réduit les revenus de la création artistique à une peau de chagrin et qui amoindrit donc drastiquement sa qualité et sa quantité.

Et quand on est ado, les raccourcis logiques, aidés par le budget limité, font qu’elle s’en donne à coeur joie avec ses amis en matière de partage de fichiers contrefaits. « C’est mal, mais c’est pas grave, papa faisait pire à mon âge ». Oui, c’est vrai, moi aussi, en plus de tout le reste, je piratais de la musique et des films en l’an 2000. Depuis, ça m’est passé, je suis revenu sur les bons vieux classiques, les Doors, Pink Floyd, un peu d’Iron Maiden de ma jeunesse, et pour le reste, je préfère largement aller voir un concert live que de faire la queue sur itune pour acheter un MP3 que tout le monde a déjà.

Je plaide coupable, j’ai mal élevé ma fille, mais on m’a tellement bassiné pendant tout le début de ma vie d’adulte avec « la démission des parents » que j’ai mis un point d’honneur tout particulier à ce que mes enfants aient un comportement décent avec leurs semblables, exempt autant que possible de violence verbale ou physique. Résultat ? je n’ai pas pris le temps de lui apprendre que quand on viole la loi, quelques précautions doivent être prises. J’espère au moins lui avoir inculqué un peu de discernement.


Après l’échec d’HADOPI en 2010 suite à la pression populaire et aux recours en justice déposés par une obscure association de types au fond d’un garage, les divers gouvernements successifs ont tout de même continué à courir le long de la ligne « la sécurité à tout prix » et cette année, malgré la farouche opposition de mes pairs de la génération Y et contre l’avis d’une commission européenne que plus personne n’écoute, le pouvoir en place nous a sorti une nouvelle loi en I qui, pour une fois, a été bien ficelée juridiquement, et a donc été promulguée sans encombre jusqu’au dernier décret.

Je me souviens, en 2011, sous la pression de quelques hommes politiques qui n’avaient rien compris, les fournisseurs d’accès se sont mis à pratiquer des tarifs différents en fonction de la consommation de bande passante du client. L’intention de base était louable, il s’agissait que l’abonné qui avait une ligne de 6km et 512Kbps de débit ne paie pas le même prix que celui qui avait une fibre a 100Mbps, mais le résultat final n’a pas été si reluisant.

Cette loi, pire que les fantômes d’HADOPI et de LOPPSI réunis, traite le mal à la racine. Les fournisseurs d’accès sont tous, sans exception, obligé de surveiller la consommation en bande passante de leurs abonnés, chose qu’ils font déjà puisque cette consommation conditionne le tarif mensuel de l’abonné, et de signaler toute pointe de trafic ayant une provenance non accréditée par le gouvernement. Nous sommes passés d’un principe d’autorisation générale avec des exclusions à un principe d’exclusion générale avec des autorisations.

Ils ont bien fini par comprendre, vers 2013, que le DPI était totalement contreproductif et allait à l’encontre de la liberté d’expression, ils ont donc pour une fois trouvé quelques experts pas trop mal renseignés qui ont planché sur une solution alternative et elle fut vite trouvée.

Depuis 2 mois, les sites à forte consommation de bande passante comme youdailytubemotion.com ont grassement payé leur accréditation à une toute nouvelle autorité administrative et promis de faire la chasse aux fichiers contrefaits. Toute consommation élevée de bande passante depuis un endroit autre que ces sites accrédités est immédiatement signalée par le fournisseur d’accès. Soit dit en passant, le coté légal ou pas de la consommation en question semble finalement importer assez peu, en tout cas aux yeux de ceux qui ont fait la loi.


Les autorités ayant bien compris que l’envoi d’email dissuasif avait à peu près autant d’effet qu’un flic qui dit « ça ira pour cette fois » à un chauffard, ils sont directement passés à la case courrier recommandé. Pas de chance pour eux (ou plutôt pour nous), la famille étant utilisatrice d’IPv6 depuis les premières heures, et le roaming entre opérateurs prévu dans le protocole étant enfin possible à grande échelle, permettant de conserver l’IP de la maison où qu’on soit dans le monde, nous étions en vacances à l’autre bout de la France à ce moment la. Le courrier est donc retourné à l’envoyeur et à fini dans un grand bac « courrier NPAI à traiter », faute d’avoir assez de personnel pour s’en occuper dans des temps convenables.

C’est ce matin que je me suis aperçu de tout ceci, au retour de vacances, en m’asseyant devant mon ordinateur pour constater que mon VPN professionnel était aux abonnés absents, que mon client de messagerie affichait une erreur de connexion en permanence depuis deux jours et que quel que soit le site sur lequel je voulais aller, je me trouvais redirigé toujours sur la même page m’informant que ma connexion avait été restreinte (mais pas coupée pour rester un minimum compatible avec la liberté d’expression) du fait d’agissements suspects sur ma ligne pouvant porter préjudice à des tiers.

Sur cette fort belle page, on me donne le choix entre prouver mon innocence en invitant cordialement un agent assermenté à venir prendre l’apéro et vérifier le contenu de mon ordinateur ou bien payer une caution de 2500 euro en ligne avec ma carte bancaire pour réactiver immédiatement ma connexion dans l’attente de la visite de l’agent en question. Je peux aussi me contenter de ma connexion limitée qui m’autorise à envoyer et à recevoir des mails via l’adresse de mon FAI de 20ko maximum chacun dès fois qu’il me viendrait à l’idée d’échanger des fichiers par mails. Elle m’autorise aussi à consulter les sites gouvernementaux et ceux de toutes les institutions agrées par la haute autorité.

Je paierais volontiers les 2500 euro en question pour avoir la paix, étant certain de pouvoir planquer toutes les contrefaçons présentes sur l’ordinateur de ma chère fille, mais la crise de 2009 n’est toujours pas terminée, les 2500 euro en question sont à peu de choses près le montant négatif se situant actuellement sur le compte courant familial à la banque. Je demande donc la venue du fameux agent. Ce doit être un homme fort occupé, on me promet qu’il viendra d’ici trois ou quatre mois.

Après avoir passé un sérieux savon à la coupable et lui avoir expliqué que la case « limitation du débit utilisé » dans le logiciel de téléchargement c’était pas pour les skateboards, la vie et son accumulation de petites choses à régler reprend ses droits et je me dis que c’est pas le bout du monde, vu que j’aurai toujours accès au réseau depuis le boulot.


Un boulot que je n’ai d’ailleurs mis que 72 heures à perdre, ne pouvant pas assurer ma mission d’astreinte nocturne dans les temps indiqués sur les contrats. C’est quand même pas de bol que la plateforme de mon plus gros client soit tombée en carafe le lendemain de mon retour de vacances et pendant ma coupure d’internet alors que ça faisait plusieurs mois qu’elle tournait au poil. « Montez votre boîte » qu’ils disaient, en 2009, quand ils ont inventé le statut d’auto entrepreneur. Elle est rudement bien rodée, leur loi, parce qu’en plus d’avoir limité ma connexion internet fixe, la clé 3G que j’utilise en déplacement l’a été aussi, en bref, c’est pas de chance.


Plaie d’argent n’est pas mortelle, mais tout de même, je me pointe vaillamment au pôle emploi rattaché à la préfecture de région (a 220km de là), la liste blanche permettant théoriquement d’accéder à ce site depuis une connexion limitée n’ayant manifestement pas été mise correctement à jour par mon fournisseur d’accès, probablement à la suite d’une migration qui n’a pas été signalée correctement par l’irresponsable de service.

Juste histoire de réclamer quelques allocations le temps de retrouver un job, chose plus difficile à presque 45 ans que lorsqu’on en a encore 20.

On me dit qu’il faut remplir le formulaire sur le site web, mais faute d’être entretenue, puisque très peu utilisée vu le taux de pénétration d’internet dans les ménages de nos jours, la borne censée me permettre de remplir le précieux sésame est hors service. On m’invite très cordialement et avec le sourire à aller dans la préfecture voisine, à 350km à l’opposé de chez moi, pour remplir le formulaire en ligne, après s’être passablement foutu de moi sur le thème « houuu il a pas internet chez lui, hasbeen ! »


Vous me direz sans doute que j’aurais pu utiliser le premier réseau wifi ouvert dans le coin, mais c’était avant, ça, ma bonne dame. Les tracts distribués par la tentative avorté d’HADOPI à l’été 2010 on fait peur à Madame Michu qui a eu très vite fait, dès 2012, de protéger sa connexion wireless avec le tout nouveau protocole de chiffrage qui rend les choses beaucoup plus compliquées. Ajoutant à cela que nous habitons un petit bled ou la moyenne d’age avoisine les 75 ans, c’est pas le pérou niveau internet sans fil.

Je décide d’être moins idiot que les propositions qui me sont faites et je m’en vais quémander un accès à l’ordinateur des voisins. Je remplis discrètement mon formulaire, je le valide, tout va bien, je serai informé par email de la suite de ma demande ou bien je pourrais venir consulter à nouveau le site. J’ai volontairement omis de raconter mes mésaventures au dit voisin, pas la peine d’avoir à en parler 107 ans.

J’ai bien fini par devoir lui dire la vérité, au bout de la 8ème fois ou je suis venu chez lui consulter mon dossier pôle emploi (qui n’avance pas mieux qu’avant qu’il se fasse en ligne) sur son ordinateur. « Oui, j’ai du couler ma boite, et en prime, on m’a coupé internet ». Le voisin est gentil et un peu idiot aussi, il ne veut pas qu’on sache qu’il héberge un clandestin du réseau (et chômeur qui plus est) sur son ordinateur. Il m’explique donc que je devrais désormais me débrouiller autrement pour avoir accès au réseau et me claque presque la porte au nez en n’oubliant pas, dans les heures qui suivent, d’en parler avec moult déformations à tout le quartier. Coupé du réseau, chômeur et maintenant paria, tout va bien.

Du coté de mes amis, ne donnant plus de signe de vie en ligne, et l’absence total d’altruisme des temps présents aidant, je pense que j’ai tout simplement dû cesser d’exister pour eux du jour au lendemain sans qu’ils ne se posent trop de question. Il reste toujours la famille, mais elle est loin et nous avons d’autres priorités pour l’instant.


Quelques semaines passent. Les recherches de job sont infructueuses pour cause d’impossibilité de recevoir 99% des réponses à mes demandes qui dépassent le quota imposé à ma boite email (saletés de recruteurs qui envoient des mails en HTML avec des images partout pour faire des jolis coins arrondis) et probablement aussi à cause de mon CV tout moche codé à la main en PDF pour qu’il rentre dans ce même quota. Je me farcis un aller/retour au pôle emploi de l’autre préfecture pour que la borne m’annonce fièrement que mon dossier est presque complet, il manque juste un scan du document que je me souviens fort bien avoir laissé sur une table à la maison.

Découragé, je rentre chez moi et découvre une fuite d’eau monstrueuse en provenance du mur de la salle de bain du haut qui, non contente de tremper le mur, ruisselle quasiment partout dans la maison. Coupure générale de l’eau, suivi d’un parcours du combattant pour trouver un plombier pour venir réparer ça, étant donné que mon FAI n’a manifestement pas jugé bon de laisser active ma ligne de téléphonie sur IP et que je n’ai pas encore eu l’occasion de me racheter un portable, le précédent ayant été repris par son propriétaire, mon ancien employeur. Coupé du réseau, chômeur, paria et trempé, nous voilà bien.

Le surlendemain je parviens à alpaguer un voisin méfiant qui me conseille de façon très précise « peut-être dans telle rue, y’en a un je crois » avant de s’enfuir. Le bilan est lourd. Si on admet qu’on adore vivre avec un trou de 70 centimètres dans le mur de la salle de bain et autant dans celui de la chambre, vu que c’est le même mur, nous nous en sommes sortis pour la modique somme de 1200 euro, main d’oeuvre, matériel et nettoyage compris. La prochaine fois, je prendrai une meilleure assurance habitation, et je n’écouterai pas les conseils d’un voisin à qui je fais peur, je sais, merci.


Cela fait maintenant 3 mois que nous vivons à 4 sans aucun revenu, mon dossier à pôle emploi ayant été annulé faute de l’avoir complété dans les temps, et avec un trou supplémentaire de 1200 euro sur un compte qui était déjà dans le rouge. En attendant mieux, et devant tant d’adversité, ma fille se sent affreusement coupable, en plus de ne plus pouvoir communiquer normalement avec ses amis, elle ne peut même pas efficacement rechercher un quelconque job d’été, ma femme s’énerve pour un rien suite aux diverses tensions nées de la situation et moi, je tourne en rond, même pas possible de regarder la TV, ce n’est pas compatible avec la limitation de ma connexion Internet.

Je ne parle même pas de la nourriture que nous ingurgitons. Nous avions pris la très fâcheuse habitude de nous inspirer, le soir venu, sur un site de recettes de cuisine qui n’a manifestement pas eu la chance d’être dans les petits papiers de la haute autorité.

D’un coté, c’est une bonne chose, puisque pour pouvoir acheter des pâtes et un peu de viande nous avons vendu la voiture (on pollue moins, en prime), nous avons plus de temps pour nous réunir en famille du fait de l’absence de télé, et nous avons fini par vendre aussi les ordinateurs qui ne servaient plus à rien. L’agent assermenté de la haute autorité ne pourra que constater qu’il n’y a point de fichiers contrefaits chez nous lorsqu’il viendra … le mois prochain … peut-être.


Manque de chance, l’agent assermenté n’a même pas eu l’occasion de venir, faute d’avoir pu nous contacter. Il aurait quand même pu envoyer un courrier.

Ce n’est finalement pas bien grave puisque de toute façon nous avons été mis à la porte de chez nous par le propriétaire qui a été effaré du trou dans le mur de la salle de bain et de l’absence de paiement du loyer depuis 6 mois. Coupé du réseau, chômeur, paria, trempé et sans domicile fixe, de mieux en mieux.


Ma femme et mes enfants sont partis de la chambre d’hôtel ou nous dormions tous les soirs. Elle est allée chez ses parents, soit disant pour s’en occuper étant donné leur grand âge et leurs problèmes de santé, mais au fond, je pense qu’elle ne supporte plus de vivre avec le looser que je suis devenu et qu’elle aspire à mieux pour nos enfants et elle a bien raison. J’espere qu’ils ne couperont pas internet la bas. Coupé du réseau, chômeur, paria, trempé, sans domicile fixe et célibataire, j’adore.


Je suis assez tête en l’air, je perds beaucoup de choses. Si vous trouvez ce journal, merci de me le rapporter, je suis toutes les nuits sur la grille d’aération du métro devant l’église Saint Laurent à Paris.

J’en profiterais pour vous raconter tout ce que j’aurais du faire quand j’en avais l’occasion et qui aurait peut-être aidé à ce qu’internet ne devienne pas ce qu’il est devenu.


(NDA : toute ressemblance avec des personnes, lieux, situations ou lois existant, ayant existé ou allant exister n’est que pure coïncidence)

8 Comments »

  • gege2061 said:

    Bien pessimiste, sur un fond de discours de fin de l’université d’été du PS, je ne suis pas sûr de finir la journée à ce rythme là…

    Si la fin semble bien malheureuse, le début n’est malheureusement pas impossible (un auto-entrepreneur sans internet c’est comme un chauffeur sans permis – tiens encore un exemple de présumé coupable ?).

    Allez, vivement le 8 Septembre que l’on se marre un peu !

    « saletés de recruteurs qui envoient des mails en HTML avec des images partout pour faire des jolis coins arrondis »

    J’espère bien que d’ici là le CSS3 sera la norme…

    « nous avons vendu la voiture (on pollue moins, en prime) »

    C’est dans ces moments là que l’on regrette la taxe carbone :p

  • Bruno (author) said:

    Note, la taxe carbone, elle aurai pas empêché la pollution.

  • gege2061 said:

    Non, ce n’est pas mon propos : simplement qu’en polluant moins tu aurais pu toucher une prime !

  • Bruno (author) said:

    Ah tiens, j’en ai une bonne qui colle pile à ma fiction. Proposition de M. Jean-Sebastien Vialatte de l’UMP :

    http://questions.assemblee-nationale.fr/q13/13-56888QE.htm

    Ça fout les j’tons.

  • Lasher said:

    Moi je t’oublierai pas ! Tant que t’auras un compte Facebook ©®, tu pourras compter sur moi !

    …. Je suis déjà parti.

  • Bruno (author) said:

    C’est meugnon … tu peux rester :p

  • Steven said:

    Tu aurais même pu ajouter un côté émotion ;) : privé de connexion internet, tu ne peux pas faire de backup de tes photos sur flickr, et la fuite ayant noyée les solutions de stockage local, tu as perdu toutes les photos d’enfance de ta fille, de ton mariage, etc…, ce qui envenime encore plus l’ambiance et ajoute au fait de devenir célibataire ;)

  • entreprise tout corps d'etat said:

    Currently it looks like BlogEngine is the best blogging platform out there right now.
    (from what I’ve read) Is that what you’re using on your blog?

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