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Droit de réponse à Mme Marland Militello

15 septembre 2010 585 vues 7 commentaires
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Crédit photo : Tania (nerdhome)

Bonsoir Muriel,

Vous permettrez que je vous appelle par votre prénom ? Nous n’avons ni l’un ni l’autre gardé les cochons, encore moins ensemble, mais vous avez l’air de dire que je suis, parmi d’autres, un grossier personnage, ou en tout cas quelqu’un faisant usage de méthodes grossières. Je me sens très honoré d’une telle considération de la part d’un député. J’imagine en effet que votre travail juridique est bien au dessus de celui qui a du être fourni par la petite équipe de FDN pour arriver devant le juge au Conseil d’Etat.

Vous me permettrez toute fois de relever quelques erreurs dans votre billet d’humeur d’aujourd’hui. Je ne me permettrais pas de les qualifier de grossières, ayant déjà pris une grande liberté au début du présent billet.

  • Le recours de FDN ne portait pas « contre la HADOPI » mais contre un décret d’application. C’est fort différent.
  • Nous n’avons, pas plus FDN que qui que ce soit d’autre engagé sérieusement dans la lutte visant à préserver la neutralité du réseau, aucune intention de freiner la lutte contre le piratage. Des lois condamnant ces pratiques existent déjà depuis fort longtemps et ce sont ces lois que nous aurions attaqué si le droit d’auteur était inexistant ou injuste à nos yeux.
  • Non, la HADOPI, en l’état actuel de son action en tout cas, ne contribue en rien à développer internet, ni civilisé, ni respectueux de quoi que ce soit. Elle ne fait que faire planer une vague peur du gendarme. Un certain nombre de projets visant à réfléchir sur l’avenir sont parait-il prévu, mais le 15 septembre 2010, la haute autorité n’a communiqué que sur son rôle répressif envers les gens qui « sécurisent mal leur accès internet » (même pas les pirates, vous n’avez pas pu passer à coté de ça). Notez que je serais le premier à me déplacer rue Texel, je l’ai déjà fait d’ailleurs, pour apporter mon concours à des discussions et actions constructives sur l’avenir du droit d’auteur et des réseaux, comme je l’ai déjà dit à Eric Walter.
  • Je me vois dans l’obligation de vous apprendre la signification du mot pirate : « Personne qui cherche à s’enrichir aux dépens des autres ». Hormis les mafias diverses et variées qui vendent plus ou moins à la sauvette des contenus contrefaits et qui ne sont pas le moins du monde visés par la loi HADOPI malgré les quantités colossales d’argent détourné, qui, dites-moi, peut être qualifié de pirate ici bas ? Quel adolescent de 15 ans gagne de l’argent en téléchargeant le dernier tube à la mode sur Emule ? Et quand bien même ce serait réellement préjudiciable à « la création », ce qui reste encore à démontrer, croyez-vous vraiment qu’il cessera sa consommation gratuite si sa connexion à internet venait à être coupée ?

Je me permettrais par ailleurs d’ajouter un troisième « Dans un Etat de droit » à votre liste :

Dans un Etat de droit, l’intérêt de quelques personne, riches qui plus est, ne peut en aucun cas primer sur l’intérêt de toutes les autres.

Ne vous méprenez pas sur les personnes décrites dans mon propos :

  • « quelques personnes » sont les richissimes qui influent sur la politique pour la faire accoucher d’erreurs comme le volet répressif porté par la HADOPI. Si vous n’avez jamais été victime de ce genre de pressions parfois pernicieuses, vous pouvez vous estimer fort heureuse.
  • « toutes les autres » ne sont pas ceux que vous qualifiez de pirate mais ceux qui ont tout à perdre dans les aberrations techniques que la haute autorité est censée mettre en place.

OUI, la consommation de contenus protégés par un droit d’auteur sans payer, c’est mal.

OUI, vouloir filtrer et censurer internet, c’est pire.

7 Comments »

  • Vassili said:

    je ne dirait qu’une chose: +1 a ton billet!
    C’est gens la devrait …… *censuré*.
    Tant de gens comme elle s’unissent pour nous pourrir la vie, nous asservir dans la peur et le flicage intensifs. Allez les moutons, ouvrez les yeux quoi! Ils ont peur que vous vous réveillez, et pour l’empêcher il veulent détruire internet entièrement.
    Vive la liberté et la justice, la vrai, pas la leur!
    (bon oui j’ai dit plus que prévu ^^).
    Romain SABOTIER <<<<la signature c'est pour recevoir vos attaques bandes de judas (élus par le peuple et vous décidez de vous unir pour l'asservir).

  • Gibus said:

    Dans un État de droit, on respecte la constitution, la séparation des pouvoirs, la présomption d’innocence, la liberté d’expression.

    Madame Militello, en tant que députée ayant voté une loi baffouant ceux-ci (http://www.laquadrature.net/wiki/MurielMarlandMilitello#Votes) et qui plus est, en tant que rapporteur pour avis, n’est pas qualifiée pour parler d’État de droit.

  • patpro said:

    Salut,

    tu écris « OUI, la consommation de contenus protégés par un droit d’auteur sans payer, c’est mal. ».
    Et forcément je m’offusque :)
    Toiqui fait grand usage des contenus sous Creative Commons, tu devrais savoir qu’ils sont comme toute œuvre de l’esprit, protégés par le droit d’auteur. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont payants ou qu’un quelconque intermédiaire s’en met plein les fouilles.

    [« protégés par un droit d’auteur impliquant rémunération » si tu préfère]

  • egide said:

    FDN a tenté un coup vain. Et se plaint de ce qu’ON n’aurait pas soutenu une tentative vouée à l’échec.

    Le conseil constitutionnel ne pouvait pas se déjuger après avoir retoqué la première mouture de la HADOPI.

    Aussi, dans la mesure où le recours au judiciaire avait été exigé, il était impossible d’espérer que les membres du conseil sortirait du cadre de leurs compétences.

    Ce recours foireux a donné un peu d’air à la Hadopi puisque le conseil constitutionnel a réaffirmé la constitutionnalité de la loi promulguant cette haute autorité.

    Dommage, le désir d’action à tout prix entrave l’efficacité.

    S’opposer aux tentatives des pouvoirs de confisquer les libertés d’informer demande plus de jugeote et de nerf.

    La lutte contre les dérives de contrôle de la culture de l’information a commencé il y a bientôt cent ans et durera encore longtemps.

    Mme Militello est une élue de circonstance, on lui a octroyé une circonscription par cooptation, et ne fonctionne que par et pour le clientélisme, défendant par des croyances éculées, des actions visant à favoriser des intérêts privés.

    Son billet truffé d’erreurs et d’approximations confirme ce qu’on savait déjà, elle n’a pas de compétence dans la culture et les technologies de l’information,
    c’est une « Mme Verdurin ». Car ce genre de personnage Marcel Proust les fréquentait déjà de son temps.

    Elle vocifère contre les « pirates ».
    Et, sans avoir lu Georges Orwell, elle pratique la double pensée comme M. Jourdain faisait de la prose, la liberté (sur internet), c’est le contrôle.

    Nous dirons que, comme pour tout ce que les conservateurs touchent ou gèrent, c’est le désordre, plus le flicage.

    Rien de bien nouveau.

  • Cld said:

    «Ce recours foireux a donné un peu d’air à la Hadopi puisque le conseil constitutionnel a réaffirmé la constitutionnalité de la loi promulguant cette haute autorité.»

    Le Conseil Constitutionnel n’a rien (ré)affirmé, c’est un recours au Conseil d’État, qui n’a rien à voire avec le Conseil Constitutionnel.
    De plus le(s) recours n’est(sont) pas fini, seul la suspension a été retoqué. Le jugement sur le fond doit encore avoir lieu sur deux décret (et non loi).
    Ces deux recours peuvent avoir comme finalité que FDN soit totalement débouté, ou que les décret soit complétement annuler, mais surtout avec entre les deux tout un tas d’option possible pour le conseil d’état (Annulation de certain point, modification d’autre, demande de modification du décret avec un délais de limite…).

    Donc, un coup vain, j’en doute, ne serait-ce que l’expérience apporter aux personnes s’étant mobiliser pour les prochaines fois.

    Quant à la lutte contre les dérives du contrôle elle doit ce faire sur TOUT les fronts. Attaquer les décrets au conseil d’état FAIT parti de ces fronts.

  • T0t0r0 said:

    Comment le dire dire simplement … +1 !

    A mes yeux, tout ce tapage médiatique et politique mais aussi législatif (et c’est plus ou moins nouveau à ma connaissance) n’est pas mis en place pour lutter contre le téléchargement de produits issus de l’industrie du divertissement.

    C’est, comme tu le dis si bien, une mascarade destinée à instaurer une peur du gendarme pour pousser les gens à sortir leur carte bleue pour acheter, consommer toujours plus leurs produits.

    Cette industrie a une faim (écrit initialement « fin » – lapsus révélateur ?) qui ne cesse de grandir et pour ça il faut toujours tiré plus sur la vache à lait (en d’autres mots, le consommateur)

    [HS]
    Je me rappelle de leur plaidoyer sur la protection des artistes… Je les plains quand je vois comment ils nous font croire qu’ils les protègent.
    [/HS]

    Il faudra leur reconnaître une chose : leur « campagne de sensibilisation » (…) est plutôt efficace. De plus en plus de personnes dans mon entourage me disent qu’ils ont peur du grand méchant loup HADOPI.

  • 3615 Militello Show | ☠ Bluetouff's blog said:

    […] d’attendre vendredi pour répondre à ce billet, je ne troll que ce jour là. L’ami Spyou a d’ailleurs su réagir plus vite, de mon côté, j’ai du me résoudre à me calmer un […]

    [C’est dingue, ça .. Le blog de bluetouff lance des trackbacks sur le mien en IPv6 !!]

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