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Il nous faut encore du pognon !

23 septembre 2010 81 vues 5 commentaires
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Crédit photo : Kmeron (flickr)

Patrick Waelbroeck écrivait avant hier, dans les lignes de laviedesidees.fr, un papier très bien fait (bien qu’assez long) sur l’industrie musicale face au téléchargement. Il fait le tour de la question, tant coté baisse de certains marché que naissances de nouvelles opportunités pour les ayants droits du secteur en passant par les opportunités loupées.

La conclusion de l’article porte sur la comparaison coût/bénéfice :

Au final, il sera facile de juger de l’efficacité de la loi Hadopi en comparant ses bénéfices à son coût. Ce coût comprend les frais d’installation et de fonctionnement de Hadopi et le coût pour les internautes en termes de réduction de la protection de la vie privée suite à l’installation des filtres pour contenu téléchargé. Il inclut également l’augmentation du prix de la musique par manque de concurrence, et la réduction du surplus des consommateurs, liée à une baisse de la fréquentation des réseaux de partage par peur de la circulation des fichiers illégaux. Les bénéfices sont représentés par une augmentation potentielle des ventes de CD et de musique numérique légale. Au vu des éléments précédents, on peut se demander si les bénéfices pour les industries culturelles sont à la hauteur des coûts imposés à l’ensemble de la société.

Que s’est-il passé pour qu’on en arrive à ça ? Une personne se sentant (à tord ou à raison) lésée a, de nos jours, trois possibilités :

  • Se faire justice elle-même, dans le domaine qui nous intéresse, ce sont des sociétés privées missionnées par les ayants droits qui vont utiliser diverses techniques d’attaque plus ou moins intrusives pour rendre la vie dure aux « pirates », méthodes strictement identiques utilisées en retour, menant, en plus d’une privatisation de la justice, à une véritable guerre civile numérique (ne venez pas dire que vous n’aviez pas été prévenus, ça va faire *très mal*)
  • Tenter de réparer le préjudice, c’est ce que font les bénéficiaires de droits d’auteurs un peu partout dans le monde à grand coup de procès en réclamant des sommes parfois faramineuses au titre de dommages & intérêts (sans compter les frais de procédure, bien entendu). Il est fort peu probable que ces sommes, parfois arrachées au bout de longues années de rebondissements judiciaires, aient un réel impact sur leurs revenus, tant l’énergie et le temps dépensés pour les récolter ont coûtés cher. Ceci nous amène tout droit à la dernière méthode.
  • Influer sur la politique pour qu’au final, ce soit la collectivité qui prenne en charge une partie de ce coût, c’est par exemple le cas avec la HADOPI, financée par les fonds publics, et offrant aux ayants droits, d’une part une avenue très bien bordée qui va leur simplifier la vie en matière de chasse-aux-méchants, et d’autre part, un allié de taille pour faire peur aux consommateurs et tenter de les faire rentrer dans le « droit chemin ».

Pour aller même un peu plus loin que ce que dit Patrick W, je pense que dans le strict cadre de la HADOPI, le retour sur investissements des ayants droits (qui paient TMG, la boite qui effectue la surveillance technique sur le réseau, une fortune) sera à peu près de 0, si tant est qu’ils arrivent à rentrer dans leurs frais et sans même parler du coût pour la collectivité.

Mais quelqu’un s’est-il arrêté de courir 10 minutes pour réfléchir ? Quel est le fond du problème ? Une certaine catégorie de gens estime qu’elle doit obtenir plus d’argent pour le même travail. Unique solution envisagée sous différente forme, aider ces gens à obtenir l’argent qu’ils veulent, et plutôt que de leur donner, on préfère à présent dépenser l’argent public pour tenir à bout de bras leur ancien modèle économique qui a prouvé sa déficience. On fait comme partout, en somme : de l’assistanat.

Dans mon métier, on applique assez souvent la maxime d’un grand homme qui a dit « dites nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer ».

Non pas qu’il ne faut pas que le droit d’auteur soit rémunéré, mais il peut être rémunéré autrement.

Et mon petit doigt m’a dit ce matin (tout de go, au réveil, comme ça) : « ceux qui piaillent aujourd’hui pour de l’argent ne sont pas ceux qui en ont besoin même s’ils veulent faire croire à tout le monde qu’ils portent également la voix de ceux la ».

Et maintenant, que veulent-ils encore ? Augmenter la taxe sur la copie privée. Dites, les gars, la vente de musique, votre métier la, ça représente quel pourcentage de votre chiffre d’affaire, au juste ?

Je suis à deux doigt (trois, si on compte le petit) de faire un appel à la désobéissance civile, mais je vais tenter de me retenir.

5 Comments »

  • Daniel L said:

    Le % de la vente de musique sur le CA? Pas grand au dernière nouvelles, les ayants-droits se font surtout leur blés sur les musiques dans les films, endroits public, etc… je ne me souviens plus du terme exact.

    Je regarde tes tweets et je lis : Réserver la taxe copie privée aux oeuvres non-suivies par TMG/#Hadopi semble une piste de bon sens. Non ?

    Tu sais que les supports sont protégés contre la copie? Tu sais aussi qu’il interdit d’utiliser, de développer ou même d’imaginer, des outils capables de contourner ces merdes? Tu seras donc d’accord pour dire que la copie-privée n’est pas possible en France et que cette taxe ne devrait pas exister.

    Inutile de blablater avec Walt-R, il va t’écouter, te faire un sourire, te proposer un rdv dans ses locaux mais pour lui, tout est déjà décidé.

    On sait que P2P n’a rien à voir dans la chute de l’industrie dématérialisée, ils le savent aussi, ainsi que nos dirigeants. Mais ils ont choisis leur camps, pas celui du consommateur qui vote pour eux ou qui paie pour leurs merdes, ils ont choisi le camps de ceux qui ont des tunes et qui en veulent d’avantage. Le P2P ce n’est qu’un prétexte pour trouver de nouvelles mannes financière.

    Alors téléchargez LOIC sur sourceforge et allons leurs péter la gueule, la main dans la main, plutôt que de réfléchir à trouver une solution qui ne sera accepté que si elle est à leur avantages.

  • Bruno (author) said:

    Et concrètement, la taxe copie privée, a supposer qu’elle soit faisable, elle finance quel manque à gagner ?

  • bernard said:

    Il y a un autre scénario : l’argent n’est que la part émotionnelle qui attire l’attention. Et cela fonctionne.

    Mais le vrai objectif, c’est le contrôle d’internet.

    Et cela avance par touches : comme les tableaux pointillistes, on ne voit pas l’image au début, et il faut prendre du recul.

    Encore 2 points :
    http://www.theregister.co.uk/2010/09/21/copyright_enforcement_bill/

    http://www.theregister.co.uk/2010/09/23/eu_copyright_law/

  • Bruno (author) said:

    Le contrôle ? j’aurais dit la destruction, mais bon ..

  • tengu said:

    le contrôle mènera à la destruction – et SURTOUT à un net parallèle.
    Les vpn, tor et autres, c’est pas pour rien – même si c’est basé sur l’existant…

    Et que dire des réseaux communautaires (hotspot de quartiers et autres) ?

    bref. à jouer aux cons, ils vont rien gagner, si ce n’est de passer (une fois de plus…) pour des guignols.

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