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Prospective autour de l’infowar

28 décembre 2010 291 vues 2 commentaires
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Crédit photo : US Army

C’était à l’automne 2010.  Wikileaks, alors incarné en la personne de Julian Assange, après avoir révélé un certain nombre d’exactions plutôt louches pendant la guerre en Irak, secouait la diplomatie mondiale en diffusant quotidiennement des câbles diplomatiques échangés entre les Etats-Unis et leurs ambassades un peu partout dans le monde dans les 50 dernières années.

Une bonne partie des débats se cristallisèrent alors autour de « c’est bien », ou « c’est mal », mais au fond, peu importait, Wikileaks n’avait été que le catalyseur nécessaire au début de ce que certains ont commencé à appeler, fin novembre 2010, la première guerre mondiale de l’information (ou de l’informatique, au choix), « The Infowar ».

En réalité, il ne s’agit pas réellement d’une guerre mondiale mais plutôt d’une guerre civile à l’échelle mondiale. Elle oppose depuis 25 ans les citoyens contre leurs élus politiques sur les terrains glissants de l’accès à l’information, de la liberté d’expression et de la neutralité des réseaux.

Après avoir fait arrêter Julian Assange début décembre 2010 pour une sombre histoire de viol sur personne consentante, les lobby politiques ont bien du se rendre à l’évidence que Wikileaks, ce n’était pas qu’un porte-parole, mais une quantité indénombrable de gens disséminés partout sur la planète qui continuaient tranquillement leur oeuvre, quelles que soient les actions entreprises par les gouvernements pour les faire taire.

Ces mêmes gouvernements ont ensuite mis quelques mois à se rendre compte qu’une fois une information entrée dans le réseau, même par une toute petite porte, on ne peut jamais s’en défaire. La chaîne de transmission ne peut plus être rompue comme elle pouvait l’être dans l’ancien temps des relations diplomatiques faites sous le manteau. Et comme il se passe toujours un certain temps entre l’acquisition d’un secret quelconque et sa divulgation, ils ont toujours eu un métro de retard.

Au moins une bonne chose de faite, tout ceci a eu l’avantage de faire comprendre à certains l’intérêt d’une politique de sécurité efficace concernant les données sensibles. Les premiers brûlots de Wikileaks ont permis de faire émerger les compétences nécessaires de la population et ces personnes ont été recrutées pour protéger les secrets des états. Mais c’était faire entrer le loup dans la bergerie. Les fuites ont continué de plus belle et les « coupables » ont été de moins en moins facile à repérer.

Autre chose qui n’a été comprise que très tard. Pendant que les uns légiféraient sur les limitations à imposer à internet pour sauver le droit d’auteur, les petits n’enfants ou je ne sais quelle profession en danger, la majorité des autres oeuvraient pour améliorer le réseau, créer de nouveaux services, et faire entrer de plus en plus profondément le besoin vital d’internet dans nos sociétés. Résultat, quand en 2020 les grands de ce monde décidèrent de couper internet, considérant que ses méfaits dépassaient largement ses avantages, la planète entière connut une récession sans précédent et sans, bien sûr, qu’internet ne s’arrête vraiment. Il ne s’était, en réalité, arrêté que pour ceux qui n’avaient pas été formés aux mystères de la technologie. Ceux qui y avaient un intérêt, parfois mauvais d’ailleurs, continuèrent de communiquer.

A coté de ça, les transactions bancaires prenaient 15 jours, les divers transporteurs avaient fait fortune et les diverses administrations de tous poils redécouvraient les joies du papier.

Face à cette incroyable récession, vers 2025, les pays les plus riches ont remis en route certains équipements de ce que fût internet à son époque de gloire pour rétablir un semblant de réseau tout en prenant bien soin de le cantonner au territoire national et de le laisser étroitement sous contrôle de quelques entreprises bien senties par les pouvoirs publics.

Mais les geeks vigoureux de 2010 étaient toujours là, oeuvrant pour la sauvegarde de l’internet 5.0, celui où le coeur de la question est « comment me relier au réseau ? ». C’est en 2030 qu’ils commencèrent à arriver au pouvoir, l’âge de la sagesse aidant. D’abord doucement, dans les coulisses des grands de ce monde, puis plus franchement.

C’est aujourd’hui, 22 décembre 2035, que la première infowar a officiellement pris fin avec la remise en route des liaisons IP entre l’Europe, les Etats-Unis, la Russie et le Japon. Les réseaux sont devenus hétérogènes, personne ne parle plus le même IP, mais les jeunes geeks fougueux ont inventé IPv8, théoriquement dévolu à la réunification des réseaux.

Il faudra encore 20 ans pour qu’il soit pleinement adopté, d’ici la, on aura peut-être un IPv10 exploitable nous permettant de discuter avec nos amis extraterrestres. Ce sera peut être la prochaine grande révolution … Apprendre à se parler entre nation lorsqu’on se rend compte qu’on n’est plus seul dans l’univers.

2 Comments »

  • gege2061 said:

    Ton analyse à court terme (2020) me semble bien pessimiste, c’est une régression encore plus importante que le minitel, nos dirigeants aimaient bien le minitel, je pencherai plutôt pour une évolution dans ce sens. Un internet nationalisé, c’est amusant quand le capitalisme parle de mondialisation….

    Par contre j’aime bien la fin de l’histoire :)

  • Michael said:

    Un déploiment d’une version du protocole IP en moins de 20 ans ? C’est de la science fiction, ça.

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